CDI étudiant : règles, salaire net et droits en 2026

Illustration : CDI étudiant

Le « CDI étudiant » n’est pas un contrat particulier : c’est un contrat à durée indéterminée de droit commun, signé par une personne qui poursuit ses études, presque toujours à temps partiel. Un étudiant peut signer un CDI dès 16 ans. Le plancher légal de 24 heures par semaine du temps partiel ne s’impose pas aux moins de 26 ans en cours d’études, à condition d’en faire la demande. Côté impôt, les salaires d’un job étudiant sont exonérés à hauteur de 3 SMIC mensuels, soit 5 405 euros pour les revenus 2025. Au 1er juin 2026, le SMIC horaire brut est de 12,31 euros.

L’essentiel

  • Un étudiant peut signer un CDI, le plus souvent à temps partiel : c’est un CDI ordinaire, sans régime juridique « étudiant ».
  • La durée minimale de 24 heures par semaine du temps partiel ne s’applique pas aux moins de 26 ans en études, mais l’employeur peut refuser la demande.
  • Le salaire minimum est le SMIC dès 18 ans (12,31 euros brut/heure au 1er juin 2026), avec abattement avant cet âge.
  • Les salaires d’un job étudiant sont exonérés d’impôt jusqu’à 5 405 euros pour les 25 ans ou moins (revenus 2025).
  • Le CDI ne s’arrête pas à la fin des études : il faut démissionner ou négocier une rupture pour le quitter.

Un étudiant peut-il vraiment signer un CDI ?

Oui. Le CDI étudiant n’est pas une catégorie juridique à part : c’est un contrat à durée indéterminée classique, conclu avec une personne ayant le statut étudiant, presque toujours à temps partiel pour s’articuler avec les cours. Le Code du travail ne crée aucun régime particulier « étudiant » : les règles habituelles du CDI s’appliquent (préavis, congés payés, rupture, ancienneté).

Selon l’article L1221-2 du Code du travail (Légifrance), le contrat à durée indéterminée est la forme normale et générale de la relation de travail. Un employeur peut donc parfaitement embaucher un étudiant en CDI plutôt qu’en CDD.

Conséquence directe : un étudiant en CDI bénéficie des mêmes droits qu’un salarié permanent (congés payés, mutuelle d’entreprise, prime éventuelle, ancienneté, participation). Le statut étudiant ne réduit aucun de ces droits ; il ne change que l’aménagement du temps de travail et certaines règles fiscales détaillées plus bas.

Quels types de contrats un étudiant peut-il signer ?

Un étudiant peut signer cinq grandes familles de contrats : le CDI à temps partiel, le CDD (saisonnier, remplacement, surcroît d’activité), l’intérim, l’alternance (apprentissage ou professionnalisation) et le contrat de vendanges. Chacun répond à un besoin différent : revenu régulier, mission ponctuelle, ou financement des études avec un diplôme à la clé.

Le CDI vise un revenu stable dans la durée. Le CDD couvre un besoin ponctuel ou saisonnier de l’employeur. L’alternance combine salaire et formation diplômante. Le contrat de vendanges est un cas très encadré, limité à un mois et cumulable dans la limite de deux mois par an.

CDI, CDD, intérim et alternance pour un étudiant

Critère CDI étudiant CDD étudiant Intérim Alternance
Durée Indéterminée (pas de fin automatique) Terme fixé ou fin de mission Mission courte, renouvelable Durée de la formation
Pour qui Revenu régulier sur l’année Besoin ponctuel, job d’été, saisonnier Missions ponctuelles flexibles Diplôme financé
Rupture Démission, licenciement, rupture conventionnelle Fin du terme, faute grave, embauche en CDI Fin de mission Rupture encadrée
Indemnité de fin Aucune prime de précarité Prime de précarité 10 %, sauf poursuite des études Indemnité de fin de mission Pas de prime de précarité
Valeur CV Stabilité, montée en compétences Variable Expériences multiples Forte (diplôme + expérience)

Sur la sortie d’un contrat à durée déterminée côté salarié, voir notre page dédiée pour démissionner d’un CDD.

Combien d’heures un étudiant peut-il travailler en CDI ?

Un étudiant de moins de 26 ans en cours d’études peut travailler moins de 24 heures par semaine, par exemple 10 ou 15 heures, pour préserver ses cours. Mais cette dérogation n’est pas automatique : elle suppose une demande écrite et motivée, que l’employeur reste libre d’accepter ou de refuser.

Selon service-public.gouv.fr, la durée minimale de 24 heures par semaine du temps partiel ne s’applique pas aux salariés de moins de 26 ans poursuivant leurs études, sur demande écrite et motivée, l’employeur n’étant pas obligé de l’accepter. C’est ce qui rend possible un contrat de quelques heures par semaine, à condition d’un accord de l’employeur.

Les plafonds de durée maximale, eux, restent ceux du droit commun. Pour un salarié majeur : 10 heures par jour et 48 heures par semaine au maximum (44 heures en moyenne sur 12 semaines), selon le Code du travail.

Pour les mineurs de 16 à 17 ans, les limites sont plus basses : 8 heures par jour, 35 heures par semaine, travail de nuit interdit, repos quotidien renforcé. L’âge minimum est de 16 ans en règle générale. Un emploi à 14 ou 15 ans n’est possible que pendant les vacances scolaires, sous autorisation de l’inspection du travail et avec l’accord écrit des parents.

Quel salaire pour un CDI étudiant, et combien net ?

Le salaire d’un CDI étudiant dépend de l’âge et du nombre d’heures. À partir de 18 ans, la rémunération horaire ne peut pas être inférieure au SMIC. Entre 16 et 17 ans, l’employeur peut appliquer un abattement de 10 %, et de 20 % avant 16 ans, sauf six mois de pratique professionnelle dans la branche.

Selon service-public.gouv.fr, le SMIC horaire brut est de 12,31 euros au 1er juin 2026, soit 1 867,02 euros brut par mois pour un temps plein de 35 heures. Le minimum d’un étudiant est égal à ce SMIC dès 18 ans, au SMIC moins 10 % entre 16 et 17 ans, et au SMIC moins 20 % avant 16 ans.

Salaire minimum horaire selon l’âge (SMIC au 1er juin 2026)

Âge de l’étudiant Taux applicable SMIC horaire brut 2026 Minimum horaire brut
18 ans et plus 100 % du SMIC 12,31 euros 12,31 euros
16 à 17 ans SMIC moins 10 % 12,31 euros 11,08 euros
14 à 15 ans SMIC moins 20 % 12,31 euros 9,85 euros

Le SMIC est revalorisé au moins une fois par an : vérifiez la valeur en vigueur à la date de signature de votre contrat.

Du brut au net : la méthode de calcul

Les cotisations salariales représentent environ 22 à 23 % du salaire brut dans le secteur privé. Pour estimer le net d’un CDI étudiant, on multiplie le taux horaire par le nombre d’heures mensuelles, puis on applique cette réduction.

  1. Heures par semaine x 52 semaines / 12 mois = heures mensualisées.
  2. Heures mensualisées x taux horaire brut = salaire brut mensuel.
  3. Salaire brut mensuel x (1 moins environ 0,23) = salaire net avant impôt estimé.

Exemple chiffré au SMIC du 1er juin 2026, pour un étudiant de 18 ans. Pour 12 heures par semaine : 12 x 52 / 12 = 52 heures mensualisées. À 12,31 euros brut de l’heure, cela donne environ 640 euros brut par mois, soit autour de 493 euros net mensuel avant impôt. Pour 15 heures par semaine, on obtient 65 heures mensualisées, environ 800 euros brut et autour de 616 euros net. Ces montants sont des estimations : le net exact dépend de la convention collective, de la mutuelle et des éventuelles heures complémentaires.

Le net présenté ici est calculé avant prélèvement à la source de l’impôt. Pour un étudiant exonéré (voir plus bas), le prélèvement reste nul tant que le plafond annuel n’est pas dépassé.

Le CDI a-t-il un impact sur la bourse, les APL et les impôts des parents ?

Oui, un CDI étudiant peut peser sur les aides et sur la fiscalité du foyer, mais des exonérations protègent les revenus modestes. Le salaire d’un job étudiant bénéficie d’un abattement fiscal spécifique, et tant que l’étudiant reste rattaché au foyer fiscal de ses parents, seuls les revenus dépassant un certain plafond entrent en compte.

Selon impots.gouv.fr, les salaires d’un job étudiant sont exonérés d’impôt sur le revenu à hauteur de 3 SMIC mensuels, soit 5 405 euros pour les revenus perçus en 2025, pour les étudiants de 25 ans au plus au 1er janvier de l’année d’imposition. Au-delà de ce plafond, seule la fraction excédentaire est imposable.

Trois leviers sont à surveiller :

  • Bourse CROUS : les revenus d’activité peuvent entrer dans le calcul du revenu de référence et faire évoluer l’échelon. Le seuil exact dépend du barème CROUS de l’année en cours.
  • APL : l’aide au logement est recalculée sur les ressources récentes ; un salaire régulier en CDI peut réduire le montant versé.
  • Rattachement fiscal des parents : tant que l’étudiant est rattaché, son salaire imposable (au-delà de la part exonérée) s’ajoute aux revenus du foyer et peut augmenter l’impôt des parents.

C’est le grand angle mort des autres guides : la décision de signer un CDI ne se résume pas au salaire brut, elle se pense à l’échelle du foyer fiscal et des aides.

Un étudiant étranger peut-il signer un CDI en France ?

Un étudiant étranger peut signer un CDI en France, mais avec un plafond d’heures selon sa nationalité. Les ressortissants de l’Union européenne, de Suisse, de Monaco, d’Andorre et de Saint-Marin travaillent librement. Les étudiants hors UE sont soumis à un quota annuel.

Selon etudiant.gouv.fr, un étudiant étranger hors UE peut travailler dans la limite de 964 heures par an, soit 60 % de la durée légale annuelle de travail. Pour les étudiants algériens, la limite est de 50 % de la durée annuelle de travail de la branche, en application de l’accord franco-algérien.

Le plafond de 964 heures s’apprécie sur l’année et s’applique quel que soit le type de contrat, CDI inclus. L’employeur doit, dans la plupart des cas, effectuer une déclaration auprès de la préfecture avant l’embauche.

Le CDI doit-il être écrit et que doit-il contenir ?

Oui, un CDI à temps partiel doit obligatoirement être écrit. Un CDI à temps plein peut en théorie être verbal, mais l’écrit reste la règle de prudence. Pour un étudiant, presque toujours à temps partiel, l’écrit est donc une obligation, et son absence entraîne une requalification.

Selon service-public.gouv.fr, un CDI à temps partiel non rédigé par écrit est présumé conclu à temps plein, ce qui ouvre droit à une requalification en temps complet. C’est une protection forte pour l’étudiant.

Le contrat à temps partiel doit mentionner au minimum la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail, la répartition des heures entre les jours, les modalités de modification de cette répartition, et les conditions de recours aux heures complémentaires.

Lorsqu’un employeur fait une proposition ferme avant la signature, elle peut valoir engagement : voir notre modèle de promesse d’embauche pour cadrer cette étape.

Quels sont les avantages et les limites du CDI étudiant ?

Le CDI étudiant offre une stabilité financière et une protection juridique forte, mais il engage dans la durée et impose un cadre plus rigide qu’un job ponctuel. Le choix dépend du projet de l’étudiant : revenu régulier sur l’année ou missions de courte durée.

Avantages

  • Revenu stable et prévisible sur toute l’année.
  • Mêmes droits qu’un salarié permanent (congés, mutuelle, ancienneté).
  • Aucune prime de précarité à attendre, mais un poste pérenne après le diplôme.
  • Possibilité d’augmenter les heures une fois les études terminées.

Limites

  • Engagement durable : il faut démissionner pour partir, avec préavis.
  • Horaires fixes moins souples qu’un intérim ou un job d’été.
  • Salaire régulier qui peut réduire la bourse ou les APL.
  • Dérogation aux 24 heures soumise à l’accord de l’employeur.

Comment rompre un CDI étudiant ?

Un CDI étudiant se rompt comme n’importe quel CDI : par démission, licenciement, rupture conventionnelle ou départ négocié. Aucune procédure allégée n’existe parce que le salarié est étudiant. La démission reste la voie la plus simple côté étudiant, avec un préavis à respecter.

La démission suppose une lettre et le respect du préavis prévu par le contrat ou la convention collective. La rupture conventionnelle suppose un accord des deux parties et ouvre droit, sous conditions, à l’assurance chômage.

Pour les modalités concrètes, consultez nos pages sur le modèle de lettre de démission de CDI avec préavis et sur la rupture conventionnelle et le licenciement. Si vous envisagez une rupture à l’amiable, sachez aussi quel est le délai pour une rupture conventionnelle avant qu’elle ne devienne effective.

Le CDI s’arrête-t-il automatiquement à la fin des études ?

Non, un CDI ne s’arrête pas automatiquement quand l’étudiant obtient son diplôme. C’est un contrat à durée indéterminée : il continue tant qu’aucune des deux parties n’y met fin. L’obtention du diplôme, l’arrêt des cours ou le changement de statut n’entraînent aucune rupture de plein droit.

C’est un piège fréquent : beaucoup d’étudiants croient que le contrat prend fin avec leurs études. En réalité, pour quitter le poste, l’étudiant doit démissionner ou négocier une rupture conventionnelle, et l’employeur doit, de son côté, suivre une procédure de licenciement s’il veut se séparer du salarié.

Conséquence positive : un CDI signé pendant les études peut se transformer en emploi durable après le diplôme, souvent en augmentant le nombre d’heures. C’est l’un des intérêts du CDI face au CDD pour un étudiant qui se projette dans l’entreprise.

Un CDI à temps partiel non formalisé par écrit, avec la durée et la répartition des horaires, s’expose à une requalification en contrat à temps plein : c’est l’erreur la plus coûteuse pour un employeur qui embauche un étudiant.

FAQ : CDI étudiant

Un étudiant peut-il avoir un CDI ?

Oui. Le CDI étudiant est un contrat à durée indéterminée de droit commun, le plus souvent à temps partiel. Un étudiant peut le signer dès 16 ans (14 à 15 ans seulement pendant les vacances, sous autorisation et accord parental).

Un étudiant peut-il travailler moins de 24 heures par semaine ?

Oui, s’il a moins de 26 ans et poursuit ses études. Il doit en faire la demande par écrit et de façon motivée, et l’employeur reste libre d’accepter ou de refuser cette dérogation au plancher de 24 heures.

Quel est le salaire minimum d’un CDI étudiant ?

À partir de 18 ans, le minimum est le SMIC, soit 12,31 euros brut de l’heure au 1er juin 2026. Entre 16 et 17 ans, c’est le SMIC moins 10 % (environ 11,08 euros brut), et le SMIC moins 20 % avant 16 ans (environ 9,85 euros brut).

Les salaires d’un étudiant sont-ils imposables ?

Ils sont exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’à 3 SMIC mensuels, soit 5 405 euros pour les revenus 2025, si l’étudiant a 25 ans au plus au 1er janvier. Seule la fraction au-delà de ce plafond est imposable.

Combien gagne net un étudiant en CDI à 12 heures par semaine ?

Environ 640 euros brut par mois au SMIC 2026, soit autour de 493 euros net avant impôt (après environ 23 % de cotisations salariales). Le net exact dépend de la convention collective et de la mutuelle.

Le CDI étudiant s’arrête-t-il à la fin des études ?

Non. Un CDI ne prend pas fin automatiquement à l’obtention du diplôme. Pour quitter le poste, l’étudiant doit démissionner ou négocier une rupture conventionnelle.

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Camille Roussel

Rédactrice en chef · Guide des Entreprises

Camille Roussel est rédactrice en chef de Guide des Entreprises. Ancienne entrepreneure, elle décrypte la création et la gestion d’entreprise pour les dirigeants de TPE et PME.