Lettre de démission CDI avec préavis : modèle 2026 + calcul de la date de fin

Illustration : Lettre de démission CDI avec préavis
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Réponse directe

Une lettre de démission de CDI avec préavis est un écrit par lequel le salarié notifie sa volonté claire et non équivoque de rompre son contrat, en indiquant la durée du préavis qu’il s’engage à effectuer. Cette lettre n’a pas à être motivée et l’employeur ne peut pas la refuser : démissionner est un droit. Point souvent ignoré : le préavis ne commence pas le jour où vous écrivez la lettre, mais le jour où l’employeur la reçoit (première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception, ou remise en main propre contre décharge). La date de fin de contrat se calcule à partir de cette réception, plus la durée fixée par votre contrat ou votre convention collective. Le modèle prêt à copier figure ci-dessous.

L’essentiel

  • La lettre n’a pas à indiquer le motif de votre départ et l’employeur ne peut pas refuser votre démission.
  • L’écrit n’est pas légalement obligatoire (la démission peut être orale), mais il reste indispensable comme preuve de la date et de la volonté non équivoque de partir.
  • La durée du préavis est fixée par le contrat, puis par la convention collective ; il n’existe pas de durée légale générale en CDI.
  • Le préavis court à compter de la réception de la lettre par l’employeur, jamais à compter de sa date d’écriture.
  • Envoyez en LRAR ou en main propre contre décharge, et réclamez vos documents de fin de contrat dès la lettre.

Que doit contenir une lettre de démission CDI avec préavis ?

Une lettre de démission efficace tient en quelques mentions : votre identité, celle de l’employeur, l’expression claire de votre volonté de démissionner, la durée du préavis que vous effectuez et la date de fin de contrat envisagée. Le modèle officiel du Code du travail numérique recommande aussi de réclamer dès cette lettre vos documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation France Travail, solde de tout compte). Aucun motif n’est exigé : se contenter d’exprimer sa décision suffit.

Modèle de lettre de démission CDI avec préavis (à copier)

Voici le modèle prêt à personnaliser pour une démission où vous effectuez votre préavis. Remplacez les champs entre crochets. L’envoi se fait en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou en remise en main propre contre décharge, en double exemplaire.

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[Vos nom et prénom]
[Votre adresse complète]

[Nom de l’entreprise]
À l’attention de [nom du responsable / service RH]
[Adresse de l’entreprise]

Objet : Démission
Lettre recommandée avec accusé de réception

Fait à [ville], le [date de remise].

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé du poste], que j’occupe au sein de votre entreprise depuis le [date de début du contrat].

Conformément à mon contrat de travail [et / ou à la convention collective applicable], j’effectuerai un préavis de [durée du préavis : ex. 3 mois]. Mon contrat prendra donc fin le [date de fin de préavis calculée à partir de la réception de cette lettre].

Je vous remercie de bien vouloir me remettre, à l’issue de mon préavis, mon certificat de travail, mon attestation France Travail et mon reçu pour solde de tout compte.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

La lettre n’a pas à être justifiée : selon service-public.gouv.fr, le salarié en CDI n’a aucune obligation d’indiquer le motif de son départ et l’employeur ne peut pas refuser sa démission. L’écrit n’est pas une condition de validité, mais il sécurise la preuve de votre décision. Une formulation ambiguë expose à une requalification du litige en licenciement sans cause réelle et sérieuse par le conseil de prud’hommes.

Modèle avec demande de dispense de préavis (à copier)

Si vous souhaitez partir avant la fin du préavis, vous devez demander une dispense à l’employeur. Cette variante remplace le paragraphe sur le préavis effectué. Conséquence financière à connaître avant d’envoyer : une dispense que vous demandez et que l’employeur accepte ne donne droit à aucune indemnité compensatrice de préavis.

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[En-tête identique au modèle précédent]

Objet : Démission et demande de dispense de préavis

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé du poste], que j’occupe depuis le [date de début du contrat].

La durée de préavis applicable est de [durée]. Je sollicite toutefois une dispense d’exécution de ce préavis afin de quitter l’entreprise le [date souhaitée]. Je comprends que cette dispense, si vous l’acceptez à ma demande, ne donnera pas lieu au versement d’une indemnité compensatrice de préavis.

Je vous remercie de me confirmer votre accord par écrit, ainsi que de me remettre à mon départ mon certificat de travail, mon attestation France Travail et mon reçu pour solde de tout compte.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Attention au silence de l’employeur : en l’absence de réponse à votre demande de dispense, vous restez tenu d’exécuter l’intégralité du préavis. Le silence ne vaut pas accord. Tant que la dispense n’est pas confirmée par écrit, partir avant le terme constitue une exécution incomplète du préavis, susceptible d’ouvrir droit à des dommages et intérêts pour l’employeur.

La lettre de démission est-elle vraiment obligatoire ?

Non. La démission d’un CDI peut être donnée oralement : l’écrit n’est pas une condition de validité. Selon le Code du travail numérique, le salarié peut informer l’employeur « oralement ou par écrit », mais l’écrit est « préférable » pour éviter tout litige. Certaines conventions collectives imposent toutefois l’envoi d’une lettre, sans que ce manquement remette en cause la démission. En pratique, l’écrit horodaté reste indispensable : il fixe la preuve de la date et de la volonté claire et non équivoque de partir.

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Vérifiez votre convention collective avant d’envoyer : certaines exigent un formalisme précis (lettre recommandée, délai de prévenance, destinataire désigné). Un écart de forme ne fait pas tomber la démission, mais respecter le formalisme évite toute contestation et sécurise votre date de départ.

Quand commence le préavis de démission ?

Le préavis commence à courir à la date à laquelle l’employeur reçoit la lettre, et non à la date à laquelle le salarié l’écrit ou l’envoie. C’est l’erreur de calcul la plus fréquente, et elle décale d’autant votre date de sortie réelle.

Deux modes de remise fixent ce point de départ :

  • Lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) : le préavis démarre à la date de première présentation du courrier à l’employeur.
  • Remise en main propre contre décharge : le préavis démarre le jour de la remise, daté et signé sur le double exemplaire que vous conservez.

Selon service-public.gouv.fr, le préavis court à compter de la réception de la lettre par l’employeur, jamais à compter de sa date d’écriture. Concrètement, si vous postez votre LRAR un vendredi et que l’employeur la reçoit le lundi, vos mois de préavis démarrent le lundi, pas le vendredi. Ce décalage change la date de sortie réelle, et donc votre date de disponibilité pour un nouvel emploi.

Comment envoyer sa lettre de démission ?

Trois modes d’envoi existent, mais deux seulement sécurisent la date de réception, déterminante pour le décompte du préavis. Le tableau ci-dessous les compare. Le critère décisif n’est pas la rapidité, mais la preuve horodatée de la réception par l’employeur.

Comparatif des modes d’envoi

Mode d’envoi Preuve de réception Point de départ du préavis Recommandé ?
Lettre recommandée avec AR (LRAR) Avis de réception postal Première présentation du courrier Oui, mode de référence
Remise en main propre contre décharge Double daté et signé par l’employeur Jour de la remise Oui, si l’employeur signe
Email Fragile (accusé non systématique) Incertain en cas de litige Déconseillé seul
Démission orale Aucune Difficile à dater Non, risque de contestation

Privilégiez la LRAR ou la main propre contre décharge. L’email est juridiquement valable mais ne garantit pas la date de réception, ce qui fragilise le calcul du préavis et la preuve de votre volonté en cas de désaccord.

Comment calculer la date de fin de mon préavis ?

La date de fin de préavis se calcule en partant de la date de réception de la lettre par l’employeur, à laquelle on ajoute la durée du préavis exprimée en mois ou en semaines, de date à date.

Méthode en trois étapes :

  1. Déterminer la date de réception. LRAR : date de première présentation du courrier. Main propre : date de la décharge signée.
  2. Identifier la durée applicable. Contrat de travail en priorité, puis convention collective ou accord de branche.
  3. Ajouter la durée à la date de réception, de date à date. Un préavis de 3 mois reçu le 15 mars 2026 se termine le 15 juin 2026.

Le piège à éviter : calculer la date de fin à partir de la date d’écriture de la lettre fausse le résultat de plusieurs jours, car le préavis n’a juridiquement pas encore commencé tant que l’employeur n’a pas reçu le courrier. Prenez toujours comme point de départ l’accusé de réception ou la décharge signée. La durée exacte selon votre statut, votre ancienneté et votre branche est détaillée dans le guide sur la durée du préavis de démission d’un CDI.

Effectuer ou demander une dispense de préavis : que choisir ?

La dispense de préavis est possible, mais ses conséquences financières dépendent entièrement de qui en prend l’initiative. C’est l’arbitrage le plus mal compris des salariés démissionnaires, et il conditionne directement votre rémunération de fin de contrat.

Si la dispense est demandée par le salarié et acceptée par l’employeur, aucune indemnité compensatrice de préavis n’est due. Si la dispense est imposée par l’employeur, celui-ci doit verser une indemnité compensatrice de préavis au salarié. Le tableau suivant met cet arbitrage à plat.

Effectuer, demander une dispense ou subir une dispense : le comparatif

Critère Effectuer le préavis Dispense demandée par le salarié Dispense imposée par l’employeur
Date de départ effective Fin du préavis complet Date anticipée convenue Date anticipée fixée par l’employeur
Salaire pendant le préavis Versé normalement Non versé (vous ne travaillez pas) Indemnité compensatrice versée
Indemnité compensatrice Sans objet Aucune Due au salarié
Documents de fin de contrat À l’issue du préavis À la date de départ convenue À la date de départ imposée

Avantages et inconvénients d’une demande de dispense

Avantages

  • Départ plus rapide vers un nouvel emploi.
  • Documents de fin de contrat remis plus tôt.
  • Souplesse si un accord écrit est obtenu.

Inconvénients

  • Aucune indemnité compensatrice de préavis.
  • Salaire non versé sur la période non travaillée.
  • Silence de l’employeur = obligation d’exécuter tout le préavis.

La logique est simple : qui demande à partir plus tôt renonce à la rémunération de la période non travaillée ; qui se voit imposer un départ anticipé est indemnisé pour la part de préavis qu’il aurait dû exécuter.

Quels documents réclamer à la fin du préavis ?

À la fin du contrat, l’employeur doit remettre au salarié démissionnaire trois documents obligatoires, à réclamer explicitement dans la lettre de démission pour éviter tout retard à votre départ.

Les documents dus sont :

  • Le certificat de travail : il atteste de la durée d’emploi et des fonctions occupées.
  • L’attestation France Travail (ex-Pôle emploi) : à réclamer même si vous pensez ne pas avoir droit au chômage après une démission, car elle conditionne l’examen ultérieur de vos droits.
  • Le reçu pour solde de tout compte : il récapitule les sommes versées au départ. À cela s’ajoute, le cas échéant, l’état récapitulatif de l’épargne salariale.

La démission n’ouvre en principe pas droit à l’allocation chômage, sauf cas de démission légitime reconnus. Le détail du calcul des sommes versées au départ est traité dans le guide sur le solde de tout compte et les indemnités de fin de contrat.

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Gardez systématiquement une copie de votre lettre et la preuve d’envoi (avis de réception ou décharge signée). En cas de désaccord sur la date de sortie ou sur les documents remis, ces pièces sont vos seuls éléments opposables à l’employeur.

FAQ

La lettre de démission CDI est-elle obligatoire ?

Non. La démission peut être donnée oralement : l’écrit n’est pas une condition de validité. Il reste fortement recommandé comme preuve de la date et de la volonté claire et non équivoque de démissionner. Certaines conventions collectives imposent toutefois une lettre, sans que ce manquement remette en cause la démission elle-même.

Dois-je indiquer le motif de ma démission ?

Non. Le salarié en CDI n’a aucune obligation d’indiquer son motif, et l’employeur ne peut pas refuser la démission : c’est un droit. Le modèle officiel se limite à exprimer la décision de partir, sans justification, ce qui évite tout débat sur le bien-fondé du départ.

Le préavis commence-t-il à la date d’envoi ou de réception ?

À la réception par l’employeur. En LRAR, c’est la date de première présentation du courrier ; en main propre, c’est la date de la décharge signée. La date d’écriture de la lettre n’a aucune valeur pour le décompte du préavis.

Ai-je droit à une indemnité si je demande une dispense de préavis ?

Non. Une dispense demandée par le salarié et acceptée par l’employeur ne donne droit à aucune indemnité compensatrice de préavis. L’indemnité n’est due que lorsque c’est l’employeur qui impose la dispense de préavis.

Puis-je envoyer ma démission par email ?

L’email est juridiquement valable mais déconseillé seul, car la preuve de réception y est plus fragile qu’avec une LRAR ou une remise en main propre contre décharge. Privilégiez un mode qui horodate la réception, déterminante pour le point de départ du préavis.

Que se passe-t-il si l’employeur ne répond pas à ma demande de dispense ?

Le silence vaut refus. Sans accord écrit, vous restez tenu d’exécuter l’intégralité du préavis ; partir avant son terme vous expose à des dommages et intérêts au profit de l’employeur.

Article informatif à jour au 20 juin 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Les durées de préavis dépendent de votre contrat et de votre convention collective ; vérifiez le texte applicable à votre situation.

Photo de Camille Roussel

Camille Roussel

Rédactrice en chef · Guide des Entreprises

Camille Roussel est rédactrice en chef de Guide des Entreprises. Ancienne entrepreneure, elle décrypte la création et la gestion d’entreprise pour les dirigeants de TPE et PME.