Seuils auto-entrepreneur 2026 : montants par activité et règle de dépassement

Illustration : seuils auto entrepreneur

Pour rester en micro-entreprise en 2026, votre chiffre d’affaires annuel HT encaissé ne doit pas dépasser 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, ni 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales (BIC/BNC). Ces montants, revalorisés au 1er janvier 2026, s’appliquent à la période triennale 2026-2028. Vous ne perdez le régime qu’après avoir dépassé le seuil deux années civiles consécutives, avec sortie effective au 1er janvier suivant.

L’essentiel

  • Plafond micro 2026 : 203 100 € (vente, hébergement) ou 83 600 € (services, BNC), CA HT encaissé sur l’année civile.
  • La sortie du régime n’intervient qu’après deux années consécutives de dépassement, au 1er janvier de l’année suivante.
  • Seuils de franchise en base de TVA distincts du plafond micro : 85 000 € (vente) et 37 500 € (services), majorés à 93 500 € et 41 250 €.
  • Activité mixte : total 203 100 € maximum, dont 83 600 € pour la part services.
  • Création en cours d’année : seuil ajusté au prorata temporis sur la première année.

Quels sont les seuils de la micro-entreprise en 2026 ?

Les seuils micro-entreprise 2026 sont de 203 100 € de chiffre d’affaires HT pour la vente de marchandises, la restauration à emporter et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services commerciales (BIC) et les activités libérales (BNC). Ces plafonds ont été revalorisés au 1er janvier 2026 (anciennement 188 700 € et 77 700 €) et restent fixes jusqu’au 31 décembre 2028.

Le chiffre d’affaires retenu est le CA encaissé, hors taxes, sur l’année civile (du 1er janvier au 31 décembre). Ce n’est pas le chiffre facturé : seules les sommes réellement perçues comptent. Une facture émise mais non payée au 31 décembre ne pèse donc pas dans le CA de l’année. Cette règle est confirmée par l’URSSAF (mise à jour du 20 février 2026).

Selon Service-Public Entreprendre (à jour 2026), le plafond de la vente de marchandises est de 203 100 € HT et celui des prestations de services de 83 600 € HT. Ce sont les valeurs de référence pour toute déclaration portant sur les revenus 2026. Les montants de 188 700 € et 77 700 €, encore affichés sur certaines pages non actualisées, ne servent plus qu’au calcul des années de référence N-1 et N-2 portant sur les revenus 2024 et 2025.

Un cas particulier mérite attention : la location de meublés de tourisme non classés relève d’un seuil dédié de 15 000 € de CA HT, distinct du plafond général de 203 100 €. Les meublés classés restent eux rattachés au seuil vente/hébergement. Cette distinction classé/non classé est la source d’erreur la plus fréquente sur ce type d’activité.

Nature d’activité Seuil micro 2026-2028 (CA HT) Ancien seuil 2025 (référence N-1/N-2)
Vente de marchandises, hébergement 203 100 € 188 700 €
Prestations de services BIC 83 600 € 77 700 €
Activités libérales BNC 83 600 € 77 700 €
Meublé de tourisme non classé 15 000 € 15 000 €

Si vous n’avez pas encore lancé votre activité et que vous hésitez sur le statut, la page sur la création gratuite d’une micro-entreprise détaille les conditions d’éligibilité et les démarches d’immatriculation.

Comment fonctionne le seuil en cas d’activité mixte ?

En activité mixte, c’est-à-dire vente de marchandises ET prestations de services, le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 € HT, dont 83 600 € maximum pour la part services. Les deux conditions sont cumulatives : dépasser l’une fait basculer toute l’activité hors du régime micro, même si l’autre est respectée.

Prenons un cas concret. Un coiffeur (prestation, BIC) qui revend aussi des produits capillaires (vente) ne peut pas excéder 83 600 € sur sa coiffure, ni 203 100 € sur le total coiffure plus revente. S’il facture 90 000 € de coiffure, il sort du régime même si son total reste sous 203 100 €, parce que la part services dépasse son sous-plafond.

Le double seuil ne s’applique pas à tous les cumuls. Selon Service-Public, le cumul d’une vente de marchandises avec une location nue ou une vente de denrées relève d’un seuil unique de 203 100 € ; le double seuil (203 100 € global et 83 600 € services) ne concerne que la combinaison d’une location meublée ou de prestations avec une activité de vente.

Le bon réflexe consiste à tenir une comptabilité séparée par nature d’activité dès le premier euro. Vous suivez ainsi chaque sous-plafond indépendamment et anticipez un dépassement partiel avant qu’il ne déclenche la sortie.

Que se passe-t-il si je dépasse le seuil auto-entrepreneur ?

Dépasser le seuil une seule année ne fait pas perdre le régime micro : vous le conservez. La sortie n’intervient qu’après un dépassement sur deux années civiles consécutives, et elle prend effet au 1er janvier de l’année suivante. Cette règle des deux ans est confirmée par Service-Public et l’URSSAF.

Selon Service-Public Entreprendre (2026), le dépassement des seuils pendant deux années consécutives entraîne la sortie du régime micro au 1er janvier de l’année qui suit. Concrètement, si vous dépassez 83 600 € en 2026 puis de nouveau en 2027, vous quittez le régime au 1er janvier 2028. Si vous repassez sous le seuil en 2027, le compteur repart à zéro.

Situation Conséquence
Dépassement 1 année seulement Vous restez en micro-entreprise l’année suivante
Dépassement 2 années civiles consécutives Sortie du régime micro au 1er janvier de l’année suivante
Retour sous le seuil la 2e année Compteur remis à zéro, vous restez en micro

La sortie du régime déclenche trois changements simultanés :

  • Plan fiscal : passage au régime réel (BIC) ou à la déclaration contrôlée (BNC). L’abattement forfaitaire micro disparaît au profit de la déduction des charges réelles.
  • Plan social : fin du micro-social. Les cotisations sont recalculées sur le revenu professionnel net selon le régime des travailleurs non salariés (TNS), avec une logique différente du pourcentage forfaitaire appliqué au CA.
  • Plan comptable : obligations renforcées (comptabilité d’engagement, bilan, parfois recours à un expert-comptable).

Le piège le plus fréquent consiste à croire qu’on sort du régime dès le premier dépassement et à tout changer dans la précipitation. Tant que le second exercice consécutif n’est pas clos au-dessus du plafond, rien ne change. Avant une décision lourde (passage au réel, création de société), faites valider votre situation par un expert-comptable.

Comment se calcule le seuil en cas de création en cours d’année ?

Quand l’activité débute en cours d’année, le seuil est ajusté au prorata temporis : on applique la formule (seuil annuel x nombre de jours d’activité) / 365. Le plafond annuel plein n’est jamais retenu pour la première année si l’activité a démarré après le 1er janvier.

Exemple URSSAF (2026) : une activité de services lancée le 1er mars 2026 compte 306 jours d’activité. Le seuil ajusté est de 83 600 x 306 / 365 = 70 087 €. Au-delà de ce montant proratisé, le plafond est considéré comme dépassé pour cette première année.

Exemple Service-Public (2026) : une activité de vente débutée le 31 janvier 2026 compte 335 jours. Le seuil ajusté est de 203 100 x 335 / 365 = 186 407 €.

Pour appliquer la formule à votre situation, suivez ces étapes :

  1. Comptez le nombre de jours entre votre date de début d’activité et le 31 décembre de l’année de création.
  2. Identifiez votre seuil annuel : 203 100 € (vente, hébergement), 83 600 € (services, BNC) ou 15 000 € (meublé non classé).
  3. Multipliez le seuil par le nombre de jours, puis divisez le résultat par 365 : vous obtenez votre plafond ajusté pour la première année.

Le prorata ne s’applique qu’à l’année de création. Dès la première année civile complète, le seuil plein (203 100 € ou 83 600 €) reprend ses droits.

Seuil micro et seuil de TVA, est-ce la même chose ?

Non. Depuis 2025, les seuils du régime micro (éligibilité) sont déconnectés des seuils de la franchise en base de TVA. Vous pouvez rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA : ce sont deux familles de plafonds indépendantes, et c’est la source de confusion numéro un sur ce sujet.

Les seuils du régime micro déterminent uniquement votre maintien dans le statut. Les seuils de franchise en base de TVA déterminent, eux, si vous facturez ou non la TVA. Selon Service-Public Entreprendre (2026), le seuil de franchise est de 85 000 € pour la vente et l’hébergement (seuil majoré 93 500 €) et de 37 500 € pour les prestations de services (seuil majoré 41 250 €), au titre de l’article 293 B du CGI. Un prestataire peut donc encaisser 60 000 € (sous le plafond micro de 83 600 €) tout en ayant dépassé le seuil de franchise TVA services de 37 500 €, ce qui l’oblige à facturer la TVA.

Type d’activité Seuil régime micro 2026 Seuil franchise TVA 2026 (base / majoré)
Vente de marchandises, hébergement 203 100 € 85 000 € (93 500 €)
Prestations de services, BNC 83 600 € 37 500 € (41 250 €)

Tant que votre CA reste sous le seuil de base, vous facturez sans TVA avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Au-delà du seuil majoré, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement.

Le projet de seuil unique de franchise à 25 000 € envisagé fin 2024 a été définitivement abandonné par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Les seuils par activité (85 000 € / 37 500 €) restent donc en vigueur en 2026. Si votre CA approche ces montants, faites confirmer votre situation auprès d’un professionnel.

Que faire avant de dépasser le seuil ?

Avant d’atteindre le plafond, trois leviers de gestion existent et aucun n’est illégal en soi. Anticiper évite la sortie subie du régime et le choc de cotisations qui l’accompagne.

  • Lisser la facturation. Le CA retenu étant le montant encaissé, décaler l’encaissement d’une facture de fin d’année sur janvier suivant peut maintenir l’exercice sous le seuil. Cette pratique doit rester de bonne foi et refléter une réalité commerciale.
  • Comparer micro et régime réel. Au-delà d’un certain niveau de charges réelles, le réel devient plus avantageux que l’abattement forfaitaire micro. Le calcul mérite d’être posé dès que les charges dépassent l’abattement applicable à votre activité.
  • Basculer en société. Au-delà des plafonds micro, ou pour récupérer la TVA et déduire les charges, la création d’une société est souvent la suite logique. Selon votre projet, comparez l’EURL, la SASU ou, si vous restez seul aux commandes, la SARL unipersonnelle pour préparer cette transition.

Le bon réflexe n’est pas d’attendre le second dépassement, mais de modéliser sa trajectoire dès que le CA franchit 70 % du seuil applicable. Si vous en êtes encore à valider votre projet, la page pour trouver une idée d’entreprise aide à cadrer l’activité en amont.

Foire aux questions

Le seuil auto-entrepreneur 2026 est-il de 188 700 € ou 203 100 € ?
Le seuil applicable en 2026 est 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services. Le montant de 188 700 € est l’ancien seuil 2025, encore affiché sur certaines pages non mises à jour ; il ne sert plus que de référence pour les années N-1 et N-2.
Que se passe-t-il si je dépasse le seuil une seule année ?
Rien : vous conservez le régime micro. La sortie n’intervient qu’après deux années civiles consécutives au-dessus du plafond, au 1er janvier suivant.
Le seuil compte-t-il le CA facturé ou le CA encaissé ?
Le CA retenu est le montant encaissé, hors taxes, sur l’année civile. Une facture émise mais non payée au 31 décembre ne compte pas dans le CA de l’année.
Puis-je rester micro-entrepreneur et payer la TVA ?
Oui. Depuis 2025, le seuil micro et le seuil de franchise TVA sont déconnectés. Vous pouvez dépasser le seuil de franchise TVA (37 500 € en services) et rester en micro tant que votre CA reste sous 83 600 €.
Comment est calculé le seuil si je crée mon activité en cours d’année ?
Le seuil est proratisé : (seuil annuel x jours d’activité jusqu’au 31 décembre) / 365. Pour une activité de services débutée le 1er mars 2026, cela donne 83 600 x 306 / 365 = 70 087 €.
Le seuil unique de TVA à 25 000 € est-il en vigueur ?
Non. Ce projet a été définitivement abandonné par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Les seuils de franchise par activité (85 000 € pour la vente, 37 500 € pour les services) restent applicables en 2026.

Sources : Service-Public Entreprendre (fiches micro-entreprise et franchise en base de TVA, à jour 2026), URSSAF (mise à jour 20/02/2026), loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025, article 293 B du CGI. Page YMYL : faites confirmer toute situation limite auprès d’un expert-comptable.

Photo de Camille Roussel

Camille Roussel

Rédactrice en chef · Guide des Entreprises

Camille Roussel est rédactrice en chef de Guide des Entreprises. Ancienne entrepreneure, elle décrypte la création et la gestion d’entreprise pour les dirigeants de TPE et PME.