SARL unipersonnelle : ce que recouvre vraiment ce terme en 2026

Illustration : sarl unipersonnelle

La « SARL unipersonnelle » est une SARL constituée d’un seul associé : juridiquement, c’est exactement une EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée). Même entité, mêmes règles, mêmes articles L223-1 à L223-43 du Code de commerce. Au guichet unique de l’INPI, aucune case « SARL unipersonnelle » n’existe : le statut à cocher s’appelle EURL. Choisir l’un ou l’autre mot ne change donc rien, ni au capital (minimum 1 euro), ni au fonctionnement, ni à la fiscalité. Ce guide tranche la confusion terminologique, chiffre le coût réel de création, démontre l’arbitrage IR/IS par l’exemple et signale les cas où un autre statut est objectivement préférable.

L’essentiel

  • SARL unipersonnelle = EURL = SARL à associé unique : strictement la même société, terme officiel EURL.
  • Capital minimum de 1 euro, dont 20 % libérés à la constitution, le solde sous cinq ans.
  • Création : environ 177 euros HT de frais obligatoires en 2026 (annonce légale, greffe, bénéficiaires effectifs).
  • IR par défaut quand l’associé est une personne physique ; option IS pour piloter l’assiette imposable.
  • Gérant associé unique = travailleur non salarié (TNS), charges d’environ 40 à 45 % du revenu net.

SARL unipersonnelle, EURL, SARL à associé unique : quel mot dit quoi ?

La SARL unipersonnelle, l’EURL et la SARL à associé unique désignent la même chose : une SARL avec un seul associé. Le terme officiel employé par l’administration et au guichet unique de l’INPI est EURL. Les deux autres formulations sont descriptives, courantes dans la presse et chez les juristes, mais ne créent aucune forme juridique distincte. L’EURL est régie par les articles L223-1 à L223-43 du Code de commerce, les mêmes que la SARL classique.

La seule différence structurelle tient au nombre d’associés : l’EURL en compte un seul, la SARL en compte de 2 à 100. Dès qu’un second associé entre au capital, l’EURL devient automatiquement une SARL pluripersonnelle, sans création d’une nouvelle société ni changement de forme sociale.

Terme Statut juridique réel Où on le rencontre
SARL unipersonnelle EURL Langage courant, presse, articles web
SARL à associé unique EURL Textes juridiques, statuts
EURL EURL Guichet unique INPI, administration
SELARLU EURL pour profession libérale réglementée Avocats, médecins, experts-comptables

Sur le formulaire d’immatriculation, il n’existe aucune case « SARL unipersonnelle » : le sigle à cocher est EURL. En cas de doute sur le mot à employer dans vos démarches, retenez EURL.

Pour comprendre le statut « mère », notre fiche dédiée à l’EURL et sa définition détaille le fonctionnement complet de la forme officielle.

Quelle différence entre une SARL et une SARL unipersonnelle ?

La différence tient au nombre d’associés et au régime fiscal par défaut. Une SARL classique réunit de 2 à 100 associés et relève de l’impôt sur les sociétés (IS) par défaut. Une SARL unipersonnelle (EURL) n’a qu’un seul associé et relève de l’impôt sur le revenu (IR) par défaut quand cet associé est une personne physique. Trois écarts pratiques découlent de cette unicité.

  • Prise de décision simplifiée : pas d’assemblée générale, l’associé unique consigne ses décisions dans un registre dédié.
  • Régime fiscal de départ inversé : EURL à l’IR par défaut, SARL à l’IS par défaut, l’option pour l’autre régime restant possible dans les deux cas.
  • Passage de l’une à l’autre fluide : l’arrivée d’un associé transforme l’EURL en SARL sans nouvelle société.

Pour le reste, capital, responsabilité limitée aux apports, parts sociales et durée de vie maximale de 99 ans (article 1838 du Code civil), le cadre est identique. La SARL unipersonnelle reste donc le bon mot pour désigner une société à un seul associé reposant sur le régime de la SARL.

Comment créer une SARL unipersonnelle ?

Créer une SARL unipersonnelle (EURL) suit quatre étapes : rédiger les statuts, déposer le capital, publier une annonce légale, puis immatriculer la société via le guichet unique de l’INPI. Depuis janvier 2023, toutes les formalités de création passent par cette plateforme en ligne unique, qui a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises (CFE).

  1. Rédaction des statuts : objet social, dénomination, capital, identité du gérant et règles de fonctionnement. L’associé unique d’une EURL peut utiliser des statuts types fournis par l’administration s’il est aussi gérant.
  2. Dépôt du capital social : les apports en numéraire sont versés sur un compte bloqué (banque, notaire). 20 % du capital doit être libéré à la constitution, le solde dans les cinq ans suivant l’immatriculation au RCS (article L223-7 du Code de commerce).
  3. Publication d’une annonce légale dans un support habilité du département du siège.
  4. Immatriculation au guichet unique INPI avec dépôt du dossier et déclaration des bénéficiaires effectifs.

À l’issue de l’immatriculation, vous recevez votre extrait Kbis, qui officialise l’existence de la société. La totalité de ces démarches peut se faire en ligne : voir notre guide de la création d’une entreprise en ligne.

Combien coûte la création d’une SARL unipersonnelle en 2026 ?

La création d’une SARL unipersonnelle revient à environ 177 euros HT de frais obligatoires en 2026, hors accompagnement payant. Le coût se compose de l’annonce légale, des frais de greffe et de la déclaration des bénéficiaires effectifs. Les statuts rédigés soi-même sont gratuits ; les confier à un professionnel ajoute plusieurs centaines d’euros.

Poste Montant 2026 Nature
Annonce légale (forfait EURL, métropole) 124 € HT Tarif réglementé
Immatriculation au RCS 33,83 € Frais de greffe
Déclaration des bénéficiaires effectifs 19,33 € Frais de greffe
Total frais obligatoires environ 177 € HT
Rédaction des statuts par un professionnel (optionnel) Variable Selon prestataire

Le forfait d’annonce légale d’une EURL est fixé à 124 euros hors taxes en métropole en 2026 (147 euros à La Réunion et Mayotte), selon le tarif réglementé publié par service-public.fr. Les frais de greffe d’immatriculation d’une société commerciale s’élèvent à 53,16 euros au total (33,83 € pour le RCS, 19,33 € pour les bénéficiaires effectifs). Aucun capital minimum n’est exigé : une EURL peut être constituée avec 1 euro de capital, même si un montant symbolique nuit à la crédibilité bancaire.

Un commissaire aux apports n’est requis que si un apport en nature dépasse 30 000 euros et que le total des apports en nature excède la moitié du capital. Pour une EURL constituée uniquement en numéraire, cette dépense n’existe pas.

IR ou IS en SARL unipersonnelle : que choisir ?

Par défaut, une SARL unipersonnelle dont l’associé est une personne physique est imposée à l’impôt sur le revenu : le bénéfice est taxé directement entre les mains de l’associé, qu’il l’ait perçu ou non. L’option pour l’impôt sur les sociétés est possible et devient irrévocable au bout de cinq exercices. Si l’associé unique est une personne morale, l’IS s’applique d’office.

L’enjeu se résume ainsi : à l’IR, l’intégralité du bénéfice supporte le barème progressif (de 0 % à 45 %) et les cotisations sociales TNS, y compris la part réinvestie. À l’IS, seule la rémunération versée est taxée à l’IR et soumise aux cotisations ; le bénéfice restant est imposé au taux IS, plus faible sur la première tranche. Le taux d’IS est de 15 % sur la fraction de bénéfice jusqu’à 42 500 euros, puis 25 % au-delà (taux réduit conditionné à un CA HT inférieur ou égal à 10 millions d’euros et un capital libéré détenu à au moins 75 % par des personnes physiques), selon service-public.fr en 2026.

Exemple chiffré : 60 000 euros de bénéfice

Prenons un gérant associé unique d’EURL dégageant 60 000 euros de bénéfice annuel.

  • À l’IR : la totalité des 60 000 euros est imposée au barème et supporte les cotisations TNS, même si l’associé n’en consomme qu’une partie. Sur la tranche haute à 45 %, l’addition fiscale et sociale grimpe vite, car l’assiette n’est pas pilotable.
  • À l’IS : le gérant se verse par exemple 24 000 euros de rémunération (imposée à l’IR et soumise aux cotisations TNS) ; les 36 000 euros restants relèvent de l’IS, à 15 % sur cette part puisqu’elle reste sous le plafond de 42 500 euros. Le solde après IS peut rester en réserve ou être distribué en dividendes.

L’IS permet donc de piloter l’assiette imposable en dissociant rémunération et bénéfice, ce que l’IR interdit. C’est l’argument décisionnel central, souvent décisif dès que le bénéfice dépasse nettement les besoins de train de vie de l’associé.

La question n’est pas « IR ou IS » dans l’absolu, mais « ai-je besoin de tout sortir ? ». Si vous consommez tout votre bénéfice, l’IR reste souvent neutre les premières années. Dès que vous voulez capitaliser dans la société, l’IS devient mécaniquement plus efficace.

Côté déficits : à l’IR, le déficit s’impute sur le revenu global et se reporte sur 6 exercices ; à l’IS, le report des déficits est indéfini dans le temps.

Quel régime social pour le gérant d’une SARL unipersonnelle ?

Le gérant associé unique d’une SARL unipersonnelle est travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations sont assises sur son revenu professionnel net, et non sur un brut. Un gérant tiers, non associé et rémunéré, relève au contraire du régime général en tant qu’assimilé salarié. Le statut TNS coûte moins cher mais ouvre une protection sociale plus restreinte.

Les charges sociales d’un gérant majoritaire de SARL/EURL au régime TNS représentent un ordre de grandeur de 40 à 45 % de la rémunération nette, l’assiette étant le revenu professionnel net et non le brut (service-public.fr, Entreprendre, 2026). Cela reste moins onéreux que le statut d’assimilé salarié d’un président de SASU, au prix d’une protection moins étendue : pas d’assurance chômage, indemnités journalières plus faibles.

Point souvent ignoré sur les dividendes : en SARL unipersonnelle, la quote-part de dividendes dépassant 10 % du capital social (majoré des primes d’émission et des apports en compte courant d’associé) est soumise aux cotisations sociales TNS (service-public.fr, 2026). C’est une différence majeure avec la SASU, où les dividendes échappent aux cotisations sociales. Quand ils sont imposés au prélèvement forfaitaire unique, le taux global atteint 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux) depuis le 1er janvier 2026 (service-public.fr).

SARL unipersonnelle ou SASU : laquelle choisir ?

La SARL unipersonnelle (EURL) et la SASU sont les deux formes de société à associé unique. L’EURL repose sur des parts sociales et un gérant TNS ; la SASU sur des actions et un président assimilé salarié. Le choix se joue surtout sur le régime social, le traitement des dividendes et la souplesse statutaire.

Critère SARL unipersonnelle (EURL) SASU
Titres Parts sociales Actions
Dirigeant Gérant Président
Régime social du dirigeant TNS (SSI) Assimilé salarié (régime général)
Coût des charges sociales ~40-45 % de la rémunération nette ~75-82 % du brut
Fiscalité par défaut IR (option IS) IS (option IR temporaire)
Dividendes et cotisations Quote-part > 10 % du capital cotisée (TNS) Dividendes hors cotisations sociales
Capital minimum 1 € 1 €
Annonce légale (forfait 2026) 124 € HT 142 € HT (forfait SASU)
Souplesse statutaire Cadre légal encadré Liberté statutaire forte

En synthèse : l’EURL est plus économique en cotisations et plus encadrée, donc plus prévisible ; la SASU est plus souple, plus protectrice socialement et plus avantageuse sur les dividendes, mais coûte plus cher en charges. Pour creuser la forme actions, voyez notre définition de la SASU, et pour le panorama plus large, notre fiche sur la société par actions simplifiée.

Quand ne pas choisir la SARL unipersonnelle ?

La SARL unipersonnelle n’est pas le bon choix dans trois cas : un chiffre d’affaires faible ou incertain, un projet de levée de fonds, ou une stratégie de dividendes peu chargés. Un média neutre peut le dire là où les plateformes de création le diluent, car ce constat freine leur conversion.

  • CA faible ou activité à tester : la micro-entreprise est plus simple et moins coûteuse tant que vous restez sous les plafonds de 203 100 euros pour la vente de marchandises et 83 600 euros pour les prestations de services (seuils 2026). Pas de comptabilité d’engagement, cotisations proportionnelles au CA réellement encaissé. Notre guide de la création d’une micro-entreprise gratuite détaille la marche à suivre.
  • Volonté de lever des fonds : la SASU/SAS, fondée sur des actions et une grande liberté statutaire, est mieux armée pour accueillir du capital extérieur et des clauses d’investisseurs.
  • Objectif de dividendes peu chargés : en SASU, les dividendes échappent aux cotisations sociales, contrairement à l’EURL où la quote-part au-delà de 10 % du capital est cotisée.

À l’inverse, l’entreprise individuelle peut suffire pour une activité solo sans personnalité morale distincte, et les sociétés civiles répondent à des projets non commerciaux (immobilier, professions libérales). Le choix de la forme dépend du projet, pas d’une supériorité absolue d’un statut : avant tout, validez votre idée d’entreprise.

Quelles sont les obligations comptables d’une SARL unipersonnelle ?

Une SARL unipersonnelle doit tenir une comptabilité régulière, établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) et les déposer au greffe du tribunal de commerce. Les documents comptables se conservent 10 ans. L’associé unique consigne par ailleurs ses décisions dans un registre dédié, et le dépôt des comptes intervient dans les 6 mois suivant la clôture de l’exercice.

Sur le plan de la TVA, l’EURL relève de la franchise en base, du réel simplifié ou du réel normal selon son chiffre d’affaires. En franchise en base, la facture porte la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Les seuils de franchise 2026 sont de 85 000 euros pour la vente et l’hébergement, 37 500 euros pour les prestations de services (BOFiP, service-public.fr).

FAQ : SARL unipersonnelle

SARL unipersonnelle et EURL, est-ce la même chose ?

Oui. La SARL unipersonnelle est une SARL à associé unique, ce que la loi nomme EURL. C’est strictement la même entité, régie par les articles L223-1 à L223-43 du Code de commerce. Le terme officiel au guichet unique INPI est EURL.

Peut-on créer une SARL tout seul ?

Oui, mais elle prend alors le nom d’EURL. Une SARL classique exige au minimum deux associés ; avec un seul, la forme est l’EURL (SARL unipersonnelle). L’arrivée d’un second associé la transforme automatiquement en SARL classique.

Quel est le capital minimum d’une SARL unipersonnelle ?

1 euro. Aucun minimum légal n’est imposé, le capital est fixé librement par l’associé unique. 20 % des apports en numéraire doivent être libérés à la création, le solde dans les cinq ans.

Une SARL unipersonnelle paie-t-elle l’IR ou l’IS ?

Par défaut l’IR si l’associé est une personne physique, avec option irrévocable pour l’IS au bout de cinq exercices. L’IS s’applique d’office si l’associé unique est une personne morale.

SARL unipersonnelle ou SASU pour payer moins de charges ?

L’EURL (gérant TNS, environ 40 à 45 % de la rémunération nette) coûte moins cher en cotisations que la SASU (président assimilé salarié, environ 75 à 82 % du brut). En revanche la SASU protège mieux socialement et n’assujettit pas les dividendes aux cotisations sociales.

Combien coûte la création d’une SARL unipersonnelle ?

Environ 177 euros HT de frais obligatoires en 2026 : 124 euros d’annonce légale (forfait EURL métropole), 33,83 euros d’immatriculation au RCS et 19,33 euros de déclaration des bénéficiaires effectifs. Les statuts rédigés soi-même sont gratuits.

En résumé

La « SARL unipersonnelle » est le nom courant de l’EURL : une SARL à associé unique, capital de 1 euro minimum, régie par les articles L223-1 à L223-43 du Code de commerce. Sa création coûte environ 177 euros HT de frais obligatoires en 2026. Le vrai arbitrage porte sur la fiscalité (IR par défaut, IS pour piloter l’assiette dès que le bénéfice dépasse les besoins) et sur le régime social (gérant TNS, environ 40 à 45 % de la rémunération nette). Si vous visez la levée de fonds ou des dividendes peu chargés, la SASU est souvent plus adaptée ; si vous testez une activité à faible CA, la micro-entreprise suffit.

Photo de Camille Roussel

Camille Roussel

Rédactrice en chef · Guide des Entreprises

Camille Roussel est rédactrice en chef de Guide des Entreprises. Ancienne entrepreneure, elle décrypte la création et la gestion d’entreprise pour les dirigeants de TPE et PME.