Qu’est-ce qu’une SASU ?
Une SASU est une Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle, c’est-à-dire une SAS qui ne compte qu’un seul associé. C’est une société commerciale de capitaux, dotée d’une personnalité morale et d’un patrimoine distincts de ceux de son fondateur. L’associé unique, personne physique ou morale, ne supporte les pertes qu’à hauteur de ses apports. Sa particularité décisive : le président est assimilé salarié (régime général de la Sécurité sociale, sans assurance chômage), et non travailleur indépendant comme en EURL. Le capital minimum est de 1 € et la société relève de l’impôt sur les sociétés par défaut.
- SASU = Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle, une SAS à associé unique (pas une « société anonyme »).
- Capital minimum 1 €, avec 50 % des apports en numéraire libérés à la constitution (source : service-public.fr).
- Président assimilé salarié : protection du régime général, mais aucune assurance chômage.
- Impôt sur les sociétés par défaut : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà.
- Dividendes non soumis aux cotisations sociales, contrairement à l’EURL.
Le sigle ne désigne pas une « société anonyme simplifiée », mais bien une « société par actions simplifiée ». La SASU est encadrée par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce. Juridiquement, elle possède son propre patrimoine, son propre numéro SIREN et agit en son nom propre. La responsabilité de l’associé unique est limitée à ses apports, son patrimoine personnel étant en principe protégé des dettes de la société.
La SASU figure parmi les formes les plus choisies par les créateurs en solo, portée par la popularité de la SAS dans les créations de sociétés. Si vous en êtes encore à arbitrer votre projet, notre guide pour trouver une idée d’entreprise pose le cadre en amont du choix de statut.
Quelles sont les caractéristiques d’une SASU ?
La SASU se définit par un associé unique, un capital librement fixé, un président obligatoire et une responsabilité limitée aux apports. Selon service-public.fr, le capital minimum est de 1 € et, pour les apports en numéraire, 50 % minimum doivent être libérés à la constitution, le solde dans les 5 ans suivant l’immatriculation. Ces éléments forment le socle commun à toutes les SASU.
L’associé unique peut être une personne physique ou une personne morale (une autre société, par exemple dans un montage holding). Il prend seul l’ensemble des décisions, sans assemblée générale à convoquer. Le capital social est libre, sans plafond. Les apports peuvent être en numéraire (argent) ou en nature (biens).
Un commissaire aux apports est en principe requis pour les apports en nature, mais l’associé unique peut s’en dispenser si aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € et si le total des apports en nature ne représente pas plus de 50 % du capital (conditions cumulatives).
| Caractéristique | Règle en SASU (2026) |
|---|---|
| Sigle | Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle |
| Nombre d’associés | 1 (personne physique ou morale) |
| Base légale | Art. L227-1 à L227-20 Code de commerce |
| Capital social minimum | 1 € (librement fixé, sans plafond) |
| Libération des apports en numéraire | 50 % min. à la constitution, solde sous 5 ans |
| Responsabilité de l’associé | Limitée aux apports |
| Dirigeant obligatoire | Président (personne physique ou morale) |
| Régime fiscal par défaut | Impôt sur les sociétés (IS) |
| Régime social du président | Assimilé salarié (régime général) |
| Durée de vie maximale | 99 ans, prorogeable |
Comment fonctionne une SASU au quotidien ?
Le fonctionnement de la SASU repose sur la décision unilatérale de l’associé unique et sur la direction assurée par un président, seul organe de direction obligatoire. Sans président, la société ne peut pas fonctionner. Le président la représente légalement et l’engage vis-à-vis des tiers.
Le président peut être une personne physique ou morale, l’associé unique lui-même ou un tiers ; sa rémunération est facultative et fixée librement. Un ou plusieurs directeurs généraux peuvent être nommés en complément. L’associé unique décide seul, sans assemblée générale, mais consigne ses décisions par écrit dans un registre.
La SASU reste tenue à des obligations comptables réelles : comptabilité d’engagement, comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) et dépôt au greffe. Contrepartie de la souplesse, elle est plus exigeante en formalisme qu’une micro-entreprise.
La SASU séduit par sa flexibilité statutaire, mais ce n’est pas un statut « léger ». La rédaction des statuts et la tenue des comptes annuels exigent rigueur ou accompagnement. C’est le prix de la protection sociale du dirigeant.
Quel est le régime social du président de SASU ?
Le président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale et bénéficie d’une protection proche de celle d’un cadre, mais sans assurance chômage. Il n’est pas travailleur non salarié (TNS) comme le gérant majoritaire d’EURL. C’est la différence structurante entre les deux statuts, confirmée par service-public.fr.
Cette protection a un coût élevé. Les charges sociales d’un président de SASU rémunéré se situent dans un ordre de grandeur de 75 à 82 % du salaire brut, soit environ 54 à 64 % du salaire net (agrégat d’une quinzaine de cotisations, à chiffrer via le simulateur officiel URSSAF). En face, un gérant majoritaire d’EURL au régime TNS supporte un ordre de grandeur de 40 à 45 % de son revenu net. À rémunération nette égale, la SASU coûte donc nettement plus cher que l’EURL, en échange d’une meilleure couverture (retraite, prévoyance, indemnités journalières).
Point capital, souvent mal compris : le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage au titre de son mandat social. Il ne touche pas d’allocations chômage en cas d’arrêt de l’activité, sauf droits acquis antérieurement ou assurance privée volontaire. La création peut toutefois ouvrir droit à l’ACRE, qui allège les cotisations la première année : selon l’URSSAF, ce dispositif consiste en 2026 en une exonération de 50 % des cotisations sociales pendant 12 mois (régime de droit commun hors micro), avec une exonération totale tant que le revenu professionnel reste inférieur ou égal à 36 045 €, puis dégressive jusqu’à 48 060 €.
Quelle est la fiscalité d’une SASU en 2026 ?
La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés par défaut, avec une option possible pour l’impôt sur le revenu pendant 5 ans sous conditions. Selon service-public.fr, le taux d’IS est de 15 % sur la fraction jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà (le taux réduit suppose un CA HT inférieur à 10 M€ et un capital libéré détenu à au moins 75 % par des personnes physiques).
L’option pour l’IR est ouverte 5 ans maximum aux sociétés de moins de 5 ans, de moins de 50 salariés, avec un CA ou un bilan inférieur à 10 M€ et une activité éligible. Les dividendes versés à l’associé unique relèvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou flat tax). Le PFU est de 31,4 % au total (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) depuis le 1er janvier 2026. Cette hausse vient des prélèvements sociaux, portés à 18,6 % après le relèvement de la CSG.
Avantage déterminant de la SASU : ces dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales, contrairement à l’EURL au régime TNS, où la fraction de dividendes dépassant 10 % du capital social est réintégrée dans l’assiette des cotisations.
Rémunération ou dividendes : comment arbitrer ?
L’arbitrage entre salaire et dividendes est l’une des questions les plus concrètes pour un président de SASU.
| Mode de versement | Coût social / fiscal | Droits sociaux acquis |
|---|---|---|
| Rémunération (salaire) | ~75-82 % de charges sur le brut | Retraite, prévoyance, indemnités journalières |
| Dividendes | 31,4 % de PFU, 0 cotisation sociale | Aucun droit social |
En clair : le salaire ouvre des droits sociaux mais coûte cher ; les dividendes coûtent moins cher mais n’ouvrent aucun droit (ni retraite, ni couverture maladie au titre du mandat). Croire que vivre uniquement de dividendes revient à se protéger socialement est une erreur lourde de conséquences. La plupart des présidents combinent une rémunération minimale et des dividendes.
Quels sont les avantages et inconvénients de la SASU ?
La SASU combine une grande flexibilité statutaire et une protection sociale solide du dirigeant, au prix d’un coût social élevé et d’un formalisme réel.
- Responsabilité limitée aux apports.
- Protection sociale du dirigeant (régime général).
- Grande liberté de rédaction des statuts.
- Dividendes hors cotisations sociales.
- Évolution automatique vers SAS à l’entrée d’un associé.
- Crédibilité auprès des banques et investisseurs.
- Charges sociales élevées sur la rémunération (~75-82 % du brut).
- Aucune assurance chômage au titre du mandat.
- Statuts complexes à rédiger (rigueur ou accompagnement).
- Formalisme comptable réel (comptes annuels, dépôt au greffe).
- Coût de création supérieur à la micro-entreprise.
- IS par défaut, moins simple à appréhender que le forfait micro.
La SASU convient surtout au consultant ou freelance à fort chiffre d’affaires, au porteur de projet visant une levée de fonds et au montage holding ou filiale. Elle convient moins à une activité simple à faible CA, mieux servie par la micro-entreprise. À noter : l’entrée d’un second associé transforme automatiquement la SASU en SAS, sans procédure de transformation juridique. Le panorama complet du régime figure dans notre fiche sur la société par actions simplifiée.
SASU, EURL ou micro-entreprise : laquelle choisir ?
Le choix se joue sur trois axes : le régime social du dirigeant, le traitement fiscal et le plafond de chiffre d’affaires. La micro-entreprise privilégie la simplicité, l’EURL un coût social maîtrisé, la SASU la protection sociale et l’évolutivité.
| Critère | Micro-entreprise | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Nature | Entreprise individuelle | Société (1 associé) | Société (1 associé) |
| Plafond de CA | 203 100 € (vente) / 83 600 € (services) | Aucun | Aucun |
| Régime social dirigeant | TNS (micro-social) | TNS | Assimilé salarié |
| Coût social (ordre de grandeur) | ~12 à 26 % du CA selon l’activité | ~40-45 % du net | ~75-82 % du brut |
| Fiscalité | IR (micro-fiscal) | IR par défaut, option IS | IS par défaut, option IR 5 ans |
| Dividendes cotisés ? | Sans objet | Oui, > 10 % du capital | Non |
| Capital minimum | Sans objet | 1 € | 1 € |
Pour approfondir la comparaison directe avec la société à associé unique au régime TNS, consultez notre fiche dédiée à l’EURL et sa définition, aussi connue sous le nom de SARL unipersonnelle. Si la simplicité prime, voyez les conditions de la création d’une micro-entreprise gratuite. Et si vous hésitez encore entre une société et une entreprise individuelle, pesez d’abord la responsabilité et le coût social avant le statut.
Croire qu’un capital de 1 € est sans conséquence est une fausse bonne idée : un capital symbolique fragilise la crédibilité bancaire et la capacité d’emprunt. Calibrez-le sur les premiers besoins de trésorerie, pas sur le minimum légal.
Comment créer une SASU ?
La création d’une SASU suit quatre étapes principales : rédiger les statuts, déposer le capital, publier une annonce légale et immatriculer la société. Le détail pas à pas relève du guide de création.
- Rédiger les statuts de la société (objet social, capital, président, règles de fonctionnement).
- Déposer le capital social sur un compte bloqué et obtenir l’attestation de dépôt.
- Publier une annonce légale dans un support habilité. Selon service-public.fr, le forfait de l’annonce légale pour une SASU est de 142 € HT en métropole en 2026.
- Immatriculer la société via le guichet unique de l’INPI ; les frais de greffe s’élèvent à 53,16 € au total (33,83 € RCS + 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs).
À l’issue, la société reçoit son extrait Kbis, document d’identité officiel de l’entreprise immatriculée. Toutes ces démarches peuvent se mener intégralement à distance : voyez les modalités de la création d’une entreprise en ligne. Pour un montage à plusieurs associés ou une structure patrimoniale, comparez aussi avec les sociétés civiles.
FAQ
Que veut dire SASU ?
SASU signifie Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. C’est une SAS avec un seul associé, et non une « société anonyme simplifiée ».
SASU ou EURL : quelle différence ?
La différence centrale est le régime social du dirigeant. Le président de SASU est assimilé salarié (régime général, sans chômage, ~75-82 % de charges sur le brut) ; le gérant majoritaire d’EURL est TNS (~40-45 % du net). En SASU, les dividendes ne sont pas cotisés ; en EURL, la part supérieure à 10 % du capital l’est.
SASU ou micro-entreprise : laquelle choisir ?
La micro-entreprise est plus simple et moins coûteuse mais plafonnée (203 100 € en vente, 83 600 € en services) et sans capacité d’investissement. La SASU n’a pas de plafond, offre une protection sociale réelle et permet de lever des fonds, mais coûte plus cher et impose un formalisme comptable.
Le président de SASU touche-t-il le chômage ?
Non, pas au titre de son mandat social : il ne cotise pas à l’assurance chômage. Il peut conserver des droits acquis antérieurement ou souscrire une assurance privée volontaire.
Quel est le capital minimum d’une SASU en 2026 ?
1 €. Le capital est librement fixé par l’associé unique, sans plafond, avec 50 % des apports en numéraire libérés à la constitution. Un capital symbolique reste toutefois déconseillé pour la crédibilité bancaire.
Quel est le taux d’imposition d’une SASU ?
La SASU relève de l’impôt sur les sociétés : 15 % sur la fraction de bénéfice jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà. Les dividendes versés à l’associé unique supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sans cotisations sociales.






