France Travail (l’ex-Pôle emploi, rebaptisé le 1er janvier 2024) propose trois aides au créateur d’entreprise demandeur d’emploi : l’ARE (maintien de l’allocation chômage cumulée avec les revenus de l’activité), l’ARCE (versement en capital de 60 % des droits restants, en deux fois) et l’ACRE (exonération partielle des cotisations sociales la première année). L’ARE et l’ARCE puisent dans les mêmes droits et ne se cumulent pas : il faut choisir l’une OU l’autre. L’ACRE, elle, se combine avec les deux car elle agit sur les cotisations, pas sur le revenu. Le vrai arbitrage est donc ARE contre ARCE, et il dépend de votre besoin de trésorerie au démarrage.
- ARCE : 60 % des droits ARE restants versés en capital, moins 3 % au titre de la retraite complémentaire, en deux versements égaux espacés de six mois.
- ARE : allocation maintenue chaque mois, cumulable avec les revenus, mais plafonnée à 60 % des droits restants depuis le 1er avril 2025.
- ACRE réformée le 1er janvier 2026 : exonération désormais plafonnée à 25 % des cotisations, soumise à une demande URSSAF obligatoire pour tous et à un délai de carence de trois ans.
- ARE et ARCE sont exclusives ; l’ACRE se cumule avec les deux.
- L’ARCE ne valide aucun trimestre de retraite : c’est son coût caché principal.
Ce guide tranche l’arbitrage ARE contre ARCE, chiffre le capital ARCE, et intègre la réforme de l’assurance chômage du 1er avril 2025 ainsi que la refonte de l’ACRE de 2026. Le statut d’exercice se choisit en parallèle : si vous hésitez encore sur le projet, commencez par trouver votre idée d’entreprise, puis comparez les formes juridiques entre entreprise individuelle et société.
Quelles sont les aides de France Travail pour créer son entreprise ?
France Travail mobilise trois dispositifs distincts : l’ARE, l’ARCE et l’ACRE (France Travail, 2026). L’ARE et l’ACRE relèvent de logiques différentes, le revenu de remplacement contre l’exonération de cotisations, et se combinent ; l’ARE et l’ARCE sont deux usages exclusifs des mêmes droits au chômage.
Les trois dispositifs à ne pas confondre :
- ARE (Aide au Retour à l’Emploi) : maintien de l’allocation chômage, cumulable chaque mois avec les revenus tirés de la nouvelle activité.
- ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) : versement d’une partie des droits restants sous forme de capital, en deux fois.
- ACRE (Aide aux Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise) : exonération partielle des cotisations sociales la première année.
L’ACRE se cumule avec l’ARE comme avec l’ARCE : c’est une aide sur les cotisations, pas un revenu. Le choix structurant porte uniquement sur le couple ARE / ARCE.
ARE ou ARCE : laquelle choisir ?
L’ARE convient aux projets à montée en charge lente qui exigent un revenu mensuel régulier ; l’ARCE convient aux projets capitalistiques qui ont besoin de trésorerie immédiate pour démarrer, par exemple pour financer un stock, du matériel ou un local. Les deux puisent dans les mêmes droits : choisir l’ARCE consomme par anticipation une part de ce que l’ARE verserait mois après mois.
L’ARE maintient l’allocation tant que les revenus de l’activité restent modérés, ce qui sécurise les premiers mois sans chiffre d’affaires. Depuis la réforme du 1er avril 2025, ce cumul ARE plus revenus est plafonné à 60 % des droits restants (France Travail, Unédic, 2026). Au-delà de ce plafond, le versement de l’ARE s’interrompt et le reliquat est reporté. L’ARCE, à l’inverse, transforme 60 % des droits restants en capital, utile quand l’investissement de départ est lourd, mais elle ferme le robinet mensuel.
| Critère | ARE (allocation maintenue) | ARCE (capital) |
|---|---|---|
| Forme | Versement mensuel cumulable avec les revenus | Capital égal à 60 % des droits restants |
| Versement | Chaque mois, tant que les conditions sont remplies | En 2 fois : 50 % au démarrage, 50 % à 6 mois |
| Profil de projet | Montée en charge lente, besoin de revenu régulier | Investissement initial lourd, projet capitalistique |
| Trésorerie immédiate | Faible | Forte |
| Plafond depuis le 01/04/2025 | Cumul limité à 60 % des droits restants | Sans objet (capital figé) |
| Validation trimestres retraite | Oui (reste inscrit, droits maintenus) | Non (le capital ne valide pas de trimestres) |
| Réversibilité | Reliquat reportable | 40 % des droits conservés en reliquat |
Le choix n’est pas irréversible au sens où renoncer à l’ARCE laisse le reliquat de droits disponible. Mais une fois l’ARCE demandée et le premier versement perçu, le retour vers l’ARE suppose une cessation d’activité et une réinscription comme demandeur d’emploi.
Simulez toujours les deux options avant de trancher. Demander l’ARCE par réflexe, pour toucher un capital, sans avoir comparé avec ce que l’ARE maintenue aurait versé sur la durée réelle du projet, est l’erreur la plus coûteuse. Le simulateur officiel de France Travail chiffre les deux scénarios à partir de vos droits réels.
Comment est calculé le montant de l’ARCE ?
L’ARCE est égale à 60 % du montant des droits ARE qu’il vous reste à la date de début d’activité, dont est déduite une retenue de 3 % au titre du financement des retraites complémentaires (France Travail, fiche service-public F15252, 2026). Le capital net correspond donc aux droits ARE restants multipliés par 0,60, puis diminués de 3 %.
Le versement intervient en deux fois et en parts égales : 50 % à la date où toutes les conditions sont remplies, et 50 % six mois plus tard (France Travail, 2026). Pour les créations ou reprises postérieures au 1er avril 2025, le second versement est conditionné au fait que l’activité soit toujours en cours et que le bénéficiaire ne soit pas en CDI à temps plein.
Estimer son capital ARCE
Pour obtenir une estimation, multipliez votre allocation journalière par le nombre de jours de droits restants, appliquez 60 %, puis retirez 3 %.
- Capital ARCE brut = (allocation journalière multipliée par les jours restants) multiplié par 0,60
- Capital ARCE net égale environ le capital brut multiplié par 0,97
Exemple chiffré, illustratif et à confirmer avec votre conseiller : pour une allocation journalière de 50 € et 600 jours de droits restants, les droits restants valent 30 000 €. Le capital ARCE brut atteint 18 000 € (30 000 multiplié par 0,60), ramené à environ 17 460 € après la déduction de 3 %, versé en deux fois (8 730 € puis 8 730 €).
Le simulateur officiel de France Travail (candidat.francetravail.fr, espace simulateurs) donne le calcul personnalisé qui tient compte de votre allocation réelle et du différé applicable. Notre exemple sert à comprendre la mécanique, pas à se substituer au calcul officiel.
L’ACRE est-elle encore automatique en 2026 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus attribuée automatiquement : tous les créateurs, micro-entrepreneurs comme dirigeants relevant du régime général, doivent en faire la demande auprès de l’URSSAF lors de la création de leur activité (URSSAF, France Travail, 2026). C’est la rupture majeure de la réforme : le réflexe d’avant 2026, où l’ACRE tombait sans démarche pour la plupart des créateurs, n’existe plus. La demande conditionne désormais tout le bénéfice de l’aide.
Deux conditions nouvelles encadrent l’accès :
- Délai de carence de trois ans : vous ne devez pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes (URSSAF, 2026).
- Décision et délais de l’URSSAF : l’URSSAF statue sous environ 30 jours, et le micro-entrepreneur dispose d’un délai strict pour déposer son dossier à compter de la création.
Quel est le taux d’exonération de l’ACRE en 2026 ?
Pour les créations ou reprises intervenant depuis le 1er janvier 2026, l’exonération ACRE est plafonnée à 25 % des cotisations sociales lorsque le revenu professionnel ne dépasse pas 75 % du PASS, soit 36 045 € pour un PASS 2026 de 48 060 € (URSSAF, 2026). Le niveau d’exonération a donc été nettement abaissé par rapport au régime antérieur, où il pouvait atteindre la moitié des cotisations, voire une exonération totale sur les bas revenus.
Le barème reste dégressif au-delà du premier seuil :
- Exonération maximale (plafonnée à 25 % des cotisations) si le revenu professionnel est inférieur ou égal à 36 045 €.
- Exonération dégressive pour un revenu compris entre 36 045 € et 48 060 €.
- Exonération nulle au-delà de 48 060 € (montant du PASS 2026).
La durée de l’exonération diffère selon le statut : 12 mois à compter du début d’activité pour le régime général ; pour les micro-entrepreneurs, jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant la date de début d’activité (URSSAF, 2026). Pour les micro-entrepreneurs, le calendrier de lancement mérite donc d’être anticipé : voir notre guide pour créer une micro-entreprise gratuitement.
Quelles sont les conditions et démarches pour l’ARCE ?
Trois conditions cumulatives ouvrent droit à l’ARCE : avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin du contrat de travail, bénéficier de l’ARE, et bénéficier de l’ACRE (France Travail, fiche service-public F15252, 2026). Sans ACRE accordée, pas d’ARCE. Et comme l’ACRE n’est plus automatique depuis 2026, sa demande devient le premier verrou de l’ensemble du parcours.
- Demander l’ACRE auprès de l’URSSAF dès la création, puisqu’elle n’est plus automatique.
- Réunir les justificatifs : justificatif d’immatriculation de l’entreprise (extrait Kbis pour une société, avis d’inscription au RNE) et formulaire de demande France Travail.
- Déposer la demande d’ARCE auprès de France Travail, une fois l’immatriculation obtenue et l’ACRE accordée.
L’immatriculation est donc un prérequis, qui dépend de la forme choisie : une entreprise individuelle ne s’immatricule pas comme une société par actions. En cas de cessation d’activité, les droits à l’ARE peuvent être repris : le reliquat correspond à 40 % des droits, disponible pendant une période égale à la durée des droits augmentée d’environ trois ans, sous réserve d’un différé. La réinscription comme demandeur d’emploi est obligatoire.
Quels sont les coûts cachés du choix ARE/ARCE ?
L’ARCE ne valide aucun trimestre de retraite, contrairement au maintien de l’ARE qui conserve l’inscription comme demandeur d’emploi et les droits associés (France Travail, 2026). C’est l’angle mort le plus fréquent : optimiser la trésorerie de départ via l’ARCE se paie en couverture retraite non acquise sur la période.
Deux autres coûts sont rarement explicités :
- Prélèvements sociaux : l’ARCE est assujettie à la CSG et à la CRDS, ce qui réduit le capital net effectivement perçu.
- Différé applicable au premier versement : le premier versement de l’ARCE peut être décalé par le différé d’indemnisation, ce qui retarde l’arrivée du capital au démarrage, justement quand la trésorerie est tendue.
Ces éléments ne disqualifient pas l’ARCE, mais ils doivent entrer dans la comparaison : un capital théorique de 18 000 € n’arrive ni intégralement ni immédiatement.
Avec la réforme de l’ACRE de 2026, le gain d’exonération de la première année pèse moins lourd qu’avant dans l’arbitrage. Raison de plus pour fonder le choix ARE contre ARCE sur la trésorerie réelle du projet et sur la durée des droits, plutôt que sur l’effet d’aubaine d’une aide qui a été rabotée.
Quelles aides au-delà du trio France Travail ?
Au-delà de l’ARE, de l’ARCE et de l’ACRE, plusieurs financements complètent l’amorçage : prêts d’honneur de 10 000 à 29 000 €, garanties bancaires couvrant jusqu’à 65 % du crédit, et microcrédit jusqu’à 12 000 € (Bpifrance Création, 2026). Ces dispositifs ne dépendent pas de France Travail mais s’articulent avec ses aides.
| Dispositif | Montant / portée | Opérateurs |
|---|---|---|
| Prêt d’honneur | 10 000 à 29 000 €, à taux zéro | Initiative France, Réseau Entreprendre |
| Garantie bancaire | Jusqu’à 65 % du crédit garanti | Bpifrance, France Active |
| Microcrédit | Jusqu’à 12 000 € | Adie |
| Accompagnement | Suivi du projet sur la durée | Réseaux régionaux, chambres consulaires |
Le NACRE, dispositif national d’accompagnement historique, a été transféré aux régions depuis 2017 : il n’existe plus sous forme nationale unique et son contenu varie selon les territoires. Méfiez-vous des pages qui le présentent encore comme un programme national en vigueur.
Le prêt d’honneur reste le levier le plus puissant pour renforcer un apport personnel, car il est comptabilisé comme des fonds propres par les banques. Le statut juridique conditionne aussi l’accès à certains financements : selon votre projet, comparez l’EURL, la SASU ou la SARL unipersonnelle avant de monter votre dossier.
FAQ : aides France Travail à la création d’entreprise
Peut-on cumuler le chômage et des revenus d’auto-entrepreneur ?
Oui, via l’ARE. Chaque mois, l’allocation est diminuée d’une partie des revenus déclarés, dans la limite de l’ancien salaire. Depuis le 1er avril 2025, le cumul est plafonné à 60 % des droits restants (France Travail, Unédic, 2026).
L’ARE et l’ARCE sont-elles cumulables ?
Non. Il faut choisir l’une OU l’autre. L’ARCE consomme par anticipation une partie des droits qui financeraient l’ARE. Seule l’ACRE se cumule avec les deux (France Travail, 2026).
Quand le second versement de l’ARCE intervient-il ?
Six mois après le premier, à condition que l’activité soit toujours en cours et, pour les créations après le 1er avril 2025, que le bénéficiaire ne soit pas en CDI à temps plein (France Travail, 2026).
Le micro-entrepreneur doit-il demander l’ACRE ?
Oui, et il n’est plus le seul. Depuis le 1er janvier 2026, tous les créateurs doivent demander l’ACRE auprès de l’URSSAF : l’attribution automatique a disparu (URSSAF, 2026).
Quel taux d’exonération attendre de l’ACRE en 2026 ?
Pour les créations depuis le 1er janvier 2026, l’exonération est plafonnée à 25 % des cotisations pour un revenu inférieur ou égal à 36 045 € (75 % du PASS), puis dégressive jusqu’à s’annuler au PASS de 48 060 € (URSSAF, 2026).
Que deviennent mes droits au chômage si l’entreprise échoue après l’ARCE ?
Un reliquat de 40 % des droits est conservé et peut être repris après cessation d’activité et réinscription, sous réserve d’un différé. Les droits ne sont donc pas intégralement perdus (France Travail, 2026).






