Créer une micro-entreprise est entièrement gratuit sur le guichet unique officiel de l’INPI depuis le 1er janvier 2023, et la déclaration de chiffre d’affaires l’est tout autant sur le portail de l’URSSAF. Les sites privés du type « portail auto-entrepreneur » ne sont donc jamais obligatoires : ils facturent un accompagnement autour d’une démarche qui ne coûte rien. Notre position est nette. Tant que vous savez remplir un formulaire en ligne, vous n’avez aucune raison de payer 59 euros pour une formalité gratuite, ni de vous laisser embarquer dans un abonnement mensuel reconduit tacitement.
- La création, la modification et la cessation d’une micro-entreprise sont gratuites depuis le 1er janvier 2023 sur le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), confirme Service-Public.
- Les portails privés payants facturent de l’ordre de 59 euros HT la création, puis un abonnement mensuel (19,90 à 29 euros) reconduit tacitement : une démarche gratuite surfacturée.
- La DGCCRF alerte : environ 1 million de personnes par an paient pour des démarches administratives gratuites, soit près de 150 millions d’euros facturés indûment.
- Ce n’est pas illégal en soi, mais sur les sites d’aide payante contrôlés en 2023, la DGCCRF a relevé une anomalie sur une large majorité d’entre eux.
- Le vrai risque n’est pas de perdre son argent d’un coup, mais de continuer à payer un abonnement devenu inutile une fois le SIRET obtenu.
La création d’une micro-entreprise est-elle vraiment gratuite ?
Oui, totalement. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création, de modification et de cessation d’une micro-entreprise passent par un guichet unique en ligne, sans aucun frais. Aucun organisme public ne facture l’immatriculation d’un auto-entrepreneur. Tout site qui vous réclame de l’argent pour cette démarche vend un service de confort, pas une obligation légale.
Depuis le 1er janvier 2023, l’immatriculation se fait gratuitement au guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), qui a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises, rappelle Service-Public. La gestion courante, déclaration du chiffre d’affaires et paiement des cotisations, est elle aussi gratuite sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
Pour comprendre le cadre légal du statut indépendamment de tout prestataire, lisez notre guide détaillé sur la création d’une micro-entreprise gratuite. Vous y verrez que chaque étape facturée par un portail privé a son équivalent gratuit sur un site officiel.
Qu’est-ce qu’un « portail auto-entrepreneur » privé exactement ?
C’est un service commercial privé qui se positionne comme intermédiaire entre vous et l’administration. Il remplit à votre place les formulaires de l’URSSAF et du guichet unique, contre paiement. Ce n’est pas un service public, il ne remplace aucun organisme officiel, et il n’apporte aucun droit ni statut supplémentaire par rapport à une démarche faite seul.
La confusion vient du nom. L’expression « portail auto-entrepreneur » évoque le portail officiel de l’URSSAF, qui existe et qui est gratuit. Les services commerciaux choisissent des noms volontairement proches, parfois agrémentés des codes visuels de l’État. La DGCCRF cite parmi les pièges courants l’usurpation par des noms de domaine trompeurs (en .com ou .org au lieu de .gouv.fr) et l’usage abusif de la Marianne ou du drapeau tricolore pour donner une apparence officielle à un site privé.
Concrètement, même en passant par un de ces portails, c’est toujours le guichet unique de l’INPI qui immatricule réellement votre entreprise. Le prestataire ne fait que transmettre votre dossier. Si vous hésitez encore sur le cadre lui-même, comparez la micro-entreprise avec l’entreprise individuelle, sa seule alternative non sociétaire.
Combien coûte un portail payant, et que paie-t-on en réalité ?
Le prix d’appel tourne autour de 59 euros HT pour la création. Mais le vrai coût se loge dans l’abonnement d’accompagnement souscrit quasi automatiquement à la suite, premier mois offert puis reconduction tacite. Le piège n’est pas le tarif affiché : c’est le total annuel quand on oublie de résilier un abonnement qui ne sert plus à rien.
La même immatriculation facturée environ 59 euros HT par un portail privé est gratuite sur le portail de l’URSSAF et au guichet unique de l’INPI, et l’abonnement mensuel (de l’ordre de 19,90 à 29 euros selon les formules) n’a aucun équivalent obligatoire : la gestion en autonomie ne coûte rien.
| Prestation | Tarif portail privé (HT) | Équivalent officiel |
|---|---|---|
| Création de la micro-entreprise | environ 59 euros | Gratuit (guichet unique INPI) |
| Modification | environ 49 euros | Gratuit (guichet unique INPI) |
| Cessation d’activité | environ 49 euros | Gratuit (guichet unique INPI) |
| Abonnement accompagnement | environ 19,90 à 29 euros/mois (1er mois offert) | Sans objet (auto-gestion gratuite via URSSAF) |
Le calcul sur douze mois est parlant. Un client qui ne résilie pas paie la création plus onze mensualités d’abonnement :
- Hypothèse 19,90 euros/mois : 59 euros + 11 x 19,90 euros = 277,90 euros HT sur l’année.
- Hypothèse 29 euros/mois : 59 euros + 11 x 29 euros = 378 euros HT sur l’année.
C’est ce gouffre entre le prix d’appel (59 euros) et le coût subi (jusqu’à près de 378 euros) qui explique la majorité des griefs, pour une formalité gratuite partout ailleurs.
Est-ce une arnaque ou une pratique légale ?
Un portail comme Portail Auto-Entrepreneur n’est pas une arnaque au sens strict : c’est un service légal qui réalise réellement les démarches facturées. Le reproche de fond ne porte pas sur une fraude, mais sur un modèle commercial qui facture cher une prestation gratuite, avec un abonnement déclenché automatiquement. Il faut toutefois distinguer ces portails des faux sites administratifs, eux franchement frauduleux, contre lesquels la DGCCRF mène des enquêtes répétées.
La DGCCRF estime qu’environ 1 million de personnes par an paient pour des démarches administratives pourtant gratuites, pour près de 150 millions d’euros facturés indûment par des sites privés d’aide aux démarches. Dans son enquête publiée en février 2025, l’administration indique avoir contrôlé en 2023 des dizaines de professionnels de l’aide payante aux démarches, dont une large majorité présentait au moins une anomalie (défaut d’information, pratiques commerciales trompeuses, abonnement insuffisamment transparent).
La nuance compte pour un futur micro-entrepreneur : payer pour un service qu’on pouvait obtenir gratuitement n’est pas une escroquerie, c’est un choix de confort mal informé. Le danger réel n’est pas de perdre son argent dans le vide, mais de continuer à payer un abonnement inutile une fois la micro-entreprise créée. Les vraies arnaques, elles, prennent souvent la forme de faux courriers post-immatriculation réclamant des frais d’inscription à de pseudo-registres.
Ces portails ne mentent pas sur ce qu’ils font : ils remplissent un formulaire à votre place. Le problème est ailleurs. On vous fait payer un accompagnement pour une démarche qui, par construction, ne nécessite aucun accompagnement obligatoire. La seule question honnête avant de sortir sa carte bancaire : ai-je vraiment besoin qu’on me tienne la main pour remplir un formulaire en ligne de dix minutes ?
Comment reconnaître un site payant qui surfacture une démarche gratuite ?
Quelques signaux ne trompent pas. Un site officiel se termine toujours par .gouv.fr et ne vous demande jamais de payer l’immatriculation d’une micro-entreprise. Dès qu’un site réclame un paiement pour créer votre statut, ou vous inscrit à un abonnement après la création, vous êtes face à un service commercial privé, pas à l’administration.
Les seuls sites officiels et gratuits sont formalites.entreprises.gouv.fr (le guichet unique de l’INPI), inpi.fr, autoentrepreneur.urssaf.fr et service-public.fr, comme le rappellent constamment la DGCCRF et Service-Public. Tout le reste est commercial.
- Nom de domaine en .com, .org ou .fr, jamais en .gouv.fr.
- Demande de paiement par carte pour créer la micro-entreprise.
- Case d’abonnement pré-cochée ou « premier mois offert » menant à une reconduction tacite.
- Usage du drapeau tricolore, de la Marianne ou de la mention « officiel » sur un site privé.
- Référencement publicitaire au-dessus des résultats officiels lors d’une recherche.
Méfiez-vous aussi des courriers reçus après l’immatriculation : faux registres, « indexation à la TVA », « affichage du code APE obligatoire ». Ce sont des sollicitations commerciales sans valeur légale, souvent facturées plusieurs centaines d’euros, signalées de longue date par les organismes officiels.
Que disent les avis sur ce type de service ?
Le sentiment client est partagé. L’accompagnement humain est généralement bien noté pour sa réactivité et sa pédagogie, mais la facturation récurrente concentre l’essentiel des critiques. Les retours négatifs visent presque tous le même point : des prélèvements qui continuent alors que le client pensait n’avoir réglé que la création.
Sur Trustpilot, Portail Auto-Entrepreneur affiche plusieurs milliers d’avis (de l’ordre de 4 400) et répond à 100 % de ses avis négatifs, ce qui soutient mécaniquement une note globale élevée. Cette note doit donc se lire avec prudence : elle mesure la qualité ressentie de l’accompagnement, pas la pertinence de payer pour une démarche gratuite.
- Accompagnement humain rassurant, conseiller qui rappelle pour vérifier le dossier.
- Parcours perçu comme simple, réponses rapides aux questions administratives.
- Sentiment de vente forcée sur l’abonnement, prélèvements continus sans usage réel.
- Résiliation à initier soi-même, souvent découverte trop tard.
- Coût total sans rapport avec la gratuité de la démarche équivalente.
Comment faire soi-même gratuitement, étape par étape ?
La démarche autonome prend une vingtaine de minutes et ne coûte rien. Vous créez votre micro-entreprise sur le guichet unique de l’INPI, puis vous gérez vos déclarations sur le portail de l’URSSAF. Aucune de ces étapes ne justifie un intermédiaire payant ni un abonnement.
L’immatriculation au guichet unique de l’INPI est obligatoire et gratuite ; elle centralise toutes les formalités depuis le 1er janvier 2023, en remplacement des centres de formalités des entreprises. Voici le déroulé :
- Préparer une pièce d’identité et un justificatif de domicile numérisés.
- Créer un compte sur formalites.entreprises.gouv.fr (guichet unique de l’INPI).
- Remplir le formulaire de déclaration de début d’activité (choix de l’activité, adresse, régime).
- Valider et transmettre le dossier, sans aucun paiement.
- Recevoir le numéro SIRET et l’avis de situation (délai administratif identique avec ou sans intermédiaire).
- Demander l’ACRE auprès de l’URSSAF si vous y êtes éligible, dans les 60 jours suivant le début d’activité.
Pour un pas-à-pas illustré, suivez notre guide pour créer une micro-entreprise en ligne. Vous y constaterez que chaque écran facturé par un portail privé correspond à un écran gratuit sur le site officiel.
Comment résilier un abonnement déjà souscrit ?
Si vous avez déjà payé un portail et que l’abonnement tourne, résiliez sans attendre. L’accompagnement n’a plus d’utilité une fois le SIRET obtenu, et chaque mois supplémentaire est de l’argent perdu pour une gestion que l’URSSAF assure gratuitement. La résiliation se fait généralement par email au service client.
Pour stopper les prélèvements, envoyez la demande de résiliation par écrit en réclamant un accusé de réception, puis contrôlez vos relevés bancaires et contestez tout prélèvement postérieur. Idéalement, résiliez pendant le premier mois offert, avant la bascule en abonnement payant ; le préavis exact figure dans les conditions du service.
- Décider tôt : dans la majorité des cas, l’accompagnement mensuel ne sert plus dès le SIRET reçu.
- Résilier par email au service client, avec accusé de réception conservé.
- Surveiller le compte bancaire les mois suivants et contester tout débit non dû auprès de votre banque.
Ensuite, basculez toute la gestion courante sur autoentrepreneur.urssaf.fr : déclaration du chiffre d’affaires, paiement des cotisations, attestations. C’est exactement ce que facturait l’abonnement, en gratuit.
À qui un portail payant peut-il malgré tout convenir ?
À une minorité de profils. Si l’administratif vous angoisse au point de vous bloquer, et qu’une heure de votre temps vaut à vos yeux plus que 59 euros, l’accompagnement peut avoir une valeur de tranquillité. Mais ce choix doit être lucide : vous payez du confort, jamais une obligation, et vous devrez penser à résilier.
Les formalités restant gratuites sur les sites officiels, un portail payant n’a d’intérêt que pour la valeur d’accompagnement, jamais pour la formalité elle-même. Notre recommandation est tranchée :
- Superflu pour la grande majorité : toute personne à l’aise avec un formulaire en ligne, les budgets serrés, et quiconque risque d’oublier de résilier.
- Éventuellement pertinent pour : les grands débutants vraiment bloqués par l’administratif, qui veulent un interlocuteur humain et acceptent le coût en pleine connaissance de cause.
Avant de vous lancer, vérifiez que la micro-entreprise est le bon cadre. Le statut impose des plafonds de chiffre d’affaires : 203 100 euros pour la vente de marchandises et 83 600 euros pour les prestations de services en 2026 (Service-Public Entreprendre). Au-delà, ou selon votre projet, comparez avec la SASU ou l’EURL, et si l’idée n’est pas encore arrêtée, partez de notre guide pour trouver une idée d’entreprise.
FAQ
Créer une micro-entreprise est-il payant ?
Non. La création, la modification et la cessation d’une micro-entreprise sont gratuites depuis le 1er janvier 2023 sur le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Aucun organisme public ne facture cette démarche. Tout site qui la fait payer est un service commercial privé.
Les portails auto-entrepreneur privés sont-ils une arnaque ?
Pas au sens juridique : ils réalisent réellement les démarches facturées. Le reproche porte sur le modèle, à savoir facturer une formalité gratuite et déclencher un abonnement à reconduction tacite. La DGCCRF rappelle qu’environ 1 million de personnes paient chaque année pour des démarches gratuites.
Quels sont les seuls sites officiels et gratuits ?
Le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), inpi.fr, autoentrepreneur.urssaf.fr et service-public.fr. Ils se terminent toujours par .gouv.fr et ne demandent jamais de paiement pour créer une micro-entreprise.
Combien coûte vraiment un portail payant sur un an ?
Environ 59 euros HT pour la création, puis un abonnement mensuel de 19,90 à 29 euros reconduit tacitement. Un client qui ne résilie pas peut payer jusqu’à près de 378 euros sur l’année, pour une démarche gratuite ailleurs.
Comment arrêter les prélèvements d’un abonnement déjà souscrit ?
Envoyez une demande de résiliation par email au service client avec accusé de réception, idéalement pendant le premier mois offert. Surveillez ensuite vos relevés bancaires et contestez auprès de votre banque tout prélèvement postérieur à la résiliation.
Le SIRET arrive-t-il plus vite en passant par un portail payant ?
Non. Le délai d’immatriculation dépend du guichet unique de l’INPI, pas de l’intermédiaire. Un portail privé ne raccourcit pas le traitement administratif : il se contente de remplir le formulaire à votre place.






