Création d’une entreprise en ligne : le guide étape par étape (2026)

Illustration : creation dune entreprise en ligne

Créer une entreprise en ligne signifie réaliser la formalité d’immatriculation par voie 100 % dématérialisée sur le Guichet Unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), passage obligatoire pour toutes les formalités depuis le 1er janvier 2023. Pour une micro-entreprise, l’immatriculation est gratuite. Pour une société (SASU, EURL, SAS, SARL), il reste un plancher de frais légaux incompressibles, et l’extrait Kbis arrive ensuite sous quelques jours ouvrés.

L’essentiel

  • Une seule plateforme depuis 2023 : le Guichet Unique de l’INPI a remplacé tous les anciens CFE.
  • Micro-entreprise : déclaration en ligne gratuite, sans statuts ni capital.
  • Société : plancher de frais légaux d’environ 175 à 270 € même en faisant tout soi-même.
  • Frais de greffe d’une société commerciale : 53,16 € (RCS + bénéficiaires effectifs).
  • Extrait Kbis délivré sous 3 à 7 jours ouvrés après validation du greffe.

Ce guide décrit la démarche réelle, écran par écran, avec les coûts incompressibles, les canaux possibles et les pièges du Guichet Unique. guidedesentreprises.info ne vend ni formalités ni statuts, contrairement aux plateformes qui se recommandent elles-mêmes dans leurs comparatifs.

Que veut dire « créer une entreprise en ligne » ?

Créer une entreprise en ligne désigne l’accomplissement de la formalité d’immatriculation par voie 100 % dématérialisée, sans déplacement ni dossier papier. Depuis le 1er janvier 2023, cette voie n’est plus une option : toutes les formalités de création, modification et cessation passent obligatoirement par le Guichet Unique électronique géré par l’INPI, selon service-public.gouv.fr. Les anciens Centres de Formalités des Entreprises (CFE) ont été supprimés.

Attention au contresens lexical fréquent. « Entreprise en ligne » ne veut pas dire « entreprise de e-commerce » ou « business sur Internet ». L’expression vise la démarche administrative dématérialisée, quelle que soit l’activité réelle (artisan, consultant, commerçant physique). Le choix de l’activité se prépare en amont, lorsque vous travaillez votre idée d’entreprise.

Le Guichet Unique a remplacé les réseaux de CFE historiques (URSSAF, CCI, CMA, greffes, chambres d’agriculture, services des impôts). Une seule plateforme centralise désormais l’envoi du dossier vers tous les organismes destinataires : Insee, impôts, Urssaf, greffe. Selon la voie choisie, deux portails coexistent encore en pratique. La micro-entreprise peut être déclarée soit directement sur le Guichet Unique, soit via le portail dédié autoentrepreneur.urssaf.fr, qui réinjecte ensuite la déclaration dans le système. Une société passe systématiquement par le Guichet Unique de l’INPI.

Quelles sont les étapes pour créer son entreprise en ligne ?

La création en ligne d’une société suit 7 étapes ordonnées, des statuts au Kbis. Pour une micro-entreprise, le parcours se réduit à une seule déclaration en ligne, sans statuts ni capital ni annonce légale. La distinction est essentielle : ce sont deux parcours réellement différents, que la plupart des guides mélangent.

Voici la séquence complète pour une société (SASU, EURL, SAS, SARL) :

  1. Rédiger les statuts : objet social, dénomination, siège, capital, gérance ou présidence. C’est l’acte fondateur, à soigner ou à faire relire.
  2. Déposer le capital social : versement des apports en numéraire sur un compte bloqué (banque, néobanque ou notaire), qui délivre une attestation de dépôt des fonds.
  3. Publier une annonce légale de constitution dans un journal habilité (JAL) du département du siège.
  4. Déclarer les bénéficiaires effectifs : toute personne détenant plus de 25 % du capital ou des droits de vote. Cette déclaration est intégrée au dépôt sur le Guichet Unique.
  5. Réunir les pièces justificatives : statuts signés, attestation de dépôt de capital, attestation de parution de l’annonce légale, justificatif de domiciliation, pièce d’identité, déclaration de non-condamnation du dirigeant.
  6. Déposer le dossier sur le Guichet Unique (formalites.entreprises.gouv.fr) et payer les frais de greffe.
  7. Recevoir le SIREN/SIRET puis l’extrait Kbis, preuve officielle de l’existence juridique.

Pour une micro-entreprise, une déclaration en ligne et une pièce d’identité suffisent : il n’y a ni statuts, ni capital, ni annonce légale, ce qui explique sa gratuité. Cette voie simplifiée est détaillée dans notre guide sur la création d’une micro-entreprise gratuite.

Comment se déroule le dépôt sur le Guichet Unique ?

Le dépôt s’effectue via un formulaire en ligne en plusieurs blocs, sur formalites.entreprises.gouv.fr, après création d’un compte INPI. C’est l’étape la plus opaque pour le créateur, car l’INPI documente le parcours en jargon administratif. La demande se fait exclusivement en ligne via la plateforme e-procédures de l’INPI, sans alternative papier, selon inpi.fr. Voici l’enchaînement concret des écrans pour une société.

Écran Ce qu’il demande Piège fréquent
Identité / déclarant Personne physique ou morale qui dépose Le déclarant peut être un mandataire, pas forcément le dirigeant
Composition Associés, dirigeants, répartition du capital Cohérence exigée avec les statuts (toute divergence = rejet)
Insaisissabilité Protection de la résidence principale Étape spécifique à l’entrepreneur individuel
Établissements Adresse(s) d’exercice, activité réelle Le code APE est attribué par l’Insee, pas choisi librement
Options fiscales IR ou IS, régime de TVA Choix structurant et difficile à modifier ensuite
Pièces justificatives Upload des documents Formats et lisibilité contrôlés manuellement par le greffe
Signature + paiement Validation et règlement des frais Validé n’est pas payé, payé n’est pas déposé : tant que le paiement n’est pas confirmé, rien n’est transmis

Le piège majeur tient en une phrase. Une formalité « validée » à l’écran n’est pas une formalité payée, et une formalité payée n’est pas encore une formalité déposée et acceptée : trois statuts distincts que l’interface ne hiérarchise pas clairement. Surveillez le tableau de bord jusqu’au statut « formalité validée par le greffe ».

Si le dossier est rejeté, le greffe peut placer la formalité « en régularisation » : vous recevez une notification listant les anomalies (statuts incohérents, pièce illisible, mention manquante, capital non concordant) et disposez d’un délai pour corriger sans repayer. Anticiper ces motifs évite plusieurs semaines de retard.

Combien coûte vraiment la création d’une entreprise en ligne ?

Le coût dépend entièrement de la forme juridique : gratuit pour la micro-entreprise, et un plancher de frais légaux d’environ 175 à 270 € pour une société, même en réalisant la démarche seul. Le slogan « créer son entreprise dès 0 € » diffusé par les plateformes commerciales est trompeur : il ne vaut que pour la micro, jamais pour une société, où les frais d’annonce légale et de greffe sont incompressibles.

Les frais de greffe pour l’immatriculation d’une société commerciale s’élèvent à 53,16 € au total (33,83 € de RCS + 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs), selon entreprendre.service-public.gouv.fr (2026). À cela s’ajoute l’annonce légale obligatoire. Le forfait d’annonce légale de constitution 2026 est réglementé : 124 € HT pour une EURL, 142 € HT pour une SASU, 148 € HT pour une SARL et 199 € HT pour une SAS en métropole, selon entreprendre.service-public.gouv.fr (actualité A18724, 2026). Ces forfaits sont identiques quel que soit le journal habilité.

Voici la vérité chiffrée, gratuit réel contre frais incompressibles :

Poste Micro-entreprise EURL SASU SAS / SARL
Déclaration en ligne Gratuite Incluse Incluse Incluse
Frais de greffe (RCS + DBE) 0 € 53,16 € 53,16 € 53,16 €
Annonce légale (HT, métropole) 0 € 124 € 142 € 148 à 199 €
Plancher total en faisant tout soi-même 0 € ~177 € ~195 € ~201 à 252 €
Statuts rédigés par un pro (optionnel) Sans objet 300 à 1 500 € 300 à 1 500 € 300 à 1 500 €

Le poste qui fait gonfler la facture n’est donc pas l’administration, mais l’accompagnement. Faire rédiger ses statuts par un avocat ou un expert-comptable coûte généralement 300 à 1 500 €, montant souvent justifié pour une SAS à plusieurs associés mais inutile pour une structure simple. Le capital social peut être fixé à 1 € minimum en SASU, SAS, EURL et SARL, selon entreprendre.service-public.gouv.fr (2026), même si 500 à 1 000 € restent recommandés pour la crédibilité bancaire.

Quelle forme juridique choisir pour créer en ligne ?

Le choix se joue d’abord sur trois critères : seul ou à plusieurs, régime social du dirigeant (TNS ou assimilé salarié) et projet de levée de fonds. La micro-entreprise convient au lancement solo à faible risque ; la société s’impose dès qu’on protège un patrimoine, s’associe ou cherche des investisseurs.

La fiscalité tranche souvent l’arbitrage. L’impôt sur les sociétés s’applique au taux réduit de 15 % sur la fraction de bénéfice jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà (sous conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital), selon entreprendre.service-public.gouv.fr (2026). La micro-entreprise reste à l’impôt sur le revenu avec un abattement forfaitaire.

Le régime social pèse tout autant. Le président de SASU ou SAS est assimilé salarié (protection sociale étendue, charges plus élevées), tandis que le gérant majoritaire de SARL ou EURL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), moins coûteux mais moins protecteur. Approfondissez selon votre projet avec nos fiches dédiées à la société par actions simplifiée, à la SASU, à l’EURL, à la SARL unipersonnelle, à l’entreprise individuelle ou aux sociétés civiles.

Par quel canal créer son entreprise en ligne ?

Quatre canaux permettent de créer en ligne, du gratuit en autonomie au tout délégué. Le Guichet Unique seul est gratuit (hors frais légaux) mais sans conseil ; le portail URSSAF sert la micro ; les plateformes juridiques facturent un service avec frais légaux en sus ; l’expert-comptable ou l’avocat offre le conseil sur mesure au prix fort. Aucun canal n’est « meilleur » dans l’absolu, contrairement à ce que prétendent les comparatifs des plateformes, juges et parties.

Canal Coût du service Délai Niveau de conseil À qui ça convient
Guichet Unique INPI (seul) 0 € (hors frais légaux) Selon votre rythme Aucun (auto-déclaration) Profil autonome, dossier simple
Portail URSSAF (micro) 0 € Quasi immédiat Aucun Micro-entrepreneur
Plateforme juridique en ligne 0 à 200 € + frais légaux Rapide (formulaire guidé) Standardisé, peu personnalisé Société simple, peu de temps
Expert-comptable / avocat 300 à 1 500 € + frais légaux Variable Élevé, sur mesure Montage complexe, associés multiples

La neutralité impose une mise en garde. Les plateformes affichant « création dès 0 € » facturent en réalité leur prestation au-dessus des frais légaux que vous payez de toute façon, et se classent systématiquement « recommandées » dans leurs propres tableaux. Pour une société standard sans difficulté particulière, le Guichet Unique en direct reste l’option la moins chère, à condition d’accepter l’absence de conseil.

Le vrai coût d’une création ne tient pas dans les frais administratifs, mais dans le temps et les erreurs. Un dossier mal rempli part en régularisation et fait perdre deux à trois semaines. Mieux vaut consacrer une heure à vérifier la cohérence entre les statuts et le formulaire que payer une plateforme pour un service réalisable soi-même quand le projet est simple.

Que faire après l’immatriculation de son entreprise en ligne ?

Une fois le Kbis ou le SIRET obtenu, cinq démarches enchaînent immédiatement : ouvrir un compte bancaire professionnel, souscrire une assurance, organiser la comptabilité, vérifier son SIREN/SIRET/code APE et activer les aides disponibles. L’immatriculation n’est pas la fin du parcours, mais le début de l’activité réelle.

Le compte bancaire dédié est obligatoire pour toute société et pour la micro au-delà d’un seuil. Un micro-entrepreneur doit ouvrir un compte bancaire dédié dès que son chiffre d’affaires dépasse 10 000 € sur deux années civiles consécutives, selon service-public.gouv.fr (2026). Une société doit disposer d’un compte pro dès la constitution, pour y débloquer le capital.

Les aides au financement se demandent souvent dans la foulée. L’ACRE exonère de cotisations sociales en début d’activité : l’exonération est totale si le revenu professionnel reste inférieur à 36 045 € (75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale), dégressive jusqu’à 48 060 €, et nulle au-delà, selon les barèmes URSSAF (2026). Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus automatique : elle suppose une demande auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité. Le demandeur issu du chômage peut aussi opter pour l’ARCE, qui verse 60 % des droits ARE restants en deux fois, en alternative au maintien de l’allocation.

Restent les fondamentaux de gestion : assurance responsabilité civile professionnelle (obligatoire dans les activités réglementées), choix d’un outil ou d’un expert-comptable, et vérification de votre numéro d’identification (SIREN, SIRET, code APE) sur l’avis de situation Insee.

Micro-entreprise ou société : quel parcours de création en ligne ?

Les deux voies n’ont ni le même formulaire, ni le même coût, ni le même plafond d’activité. Le tableau suivant oppose les deux parcours sur les critères qui décident réellement de l’arbitrage, avec les valeurs en vigueur en 2026.

Critère Micro-entreprise Société (SASU, EURL, SAS, SARL)
Plateforme de dépôt Guichet Unique INPI ou portail autoentrepreneur.urssaf.fr Guichet Unique INPI uniquement
Statuts et capital Aucun Statuts obligatoires, capital dès 1 €
Plancher de frais légaux 0 € (gratuit) ~177 à 252 € (greffe 53,16 € + annonce légale)
Plafond de chiffre d’affaires (2026) 203 100 € (vente) / 83 600 € (services et BNC) Aucun plafond de CA
Fiscalité du résultat Impôt sur le revenu, abattement forfaitaire IS : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà
Régime social du dirigeant Travailleur non salarié (micro-social) Assimilé salarié (SASU/SAS) ou TNS (gérant majo EURL/SARL)
Délai jusqu’au démarrage Quasi immédiat 1 à 2 semaines (Kbis sous 3 à 7 jours ouvrés)

Le plafond de chiffre d’affaires de la micro-entreprise a été revalorisé au 1er janvier 2026 à 203 100 EUR pour la vente de marchandises et 83 600 EUR pour les prestations de services et les BNC, selon entreprendre.service-public.gouv.fr. Au-delà, le passage en société devient incontournable. À l’inverse, une société est immatriculée pour une durée maximale de 99 ans, prorogeable, selon l’article 1838 du Code civil (Légifrance) : le choix de la forme engage donc sur le long terme.

FAQ : créer une entreprise en ligne

Peut-on créer une entreprise en ligne gratuitement ?

Oui, mais uniquement pour une micro-entreprise : la déclaration sur le Guichet Unique ou le portail URSSAF est gratuite. Toute société supporte un plancher incompressible de frais légaux d’environ 175 à 270 € (greffe 53,16 € + annonce légale), même sans recourir à un professionnel.

Combien de temps faut-il pour créer une société en ligne ?

Le dépôt du dossier prend quelques heures si les pièces sont prêtes. Après validation par le greffe, l’extrait Kbis est délivré sous 3 à 7 jours ouvrés, soit 1 à 2 semaines au total en comptant la préparation des statuts et l’annonce légale.

Quels documents faut-il pour créer une entreprise en ligne ?

Pour une société : statuts signés, attestation de dépôt de capital, attestation de parution de l’annonce légale, justificatif de domiciliation du siège, pièce d’identité du dirigeant et déclaration de non-condamnation. Pour une micro-entreprise : une simple pièce d’identité et la déclaration en ligne.

Peut-on créer une entreprise en ligne en étant salarié ou au chômage ?

Oui dans les deux cas. Un salarié peut créer une entreprise sauf clause d’exclusivité de son contrat. Un demandeur d’emploi conserve un accompagnement spécifique via le maintien de l’ARE ou l’ARCE (60 % des droits restants versés en deux fois).

Quelle différence entre entreprise individuelle et société pour créer en ligne ?

L’entreprise individuelle (dont la micro) se crée par simple déclaration, sans capital ni statuts, et sépare le patrimoine professionnel du patrimoine personnel par défaut depuis la réforme de 2022. La société est une personne morale distincte, avec statuts, capital et frais légaux, qui facilite l’association ou la levée de fonds.

Photo de Camille Roussel

Camille Roussel

Rédactrice en chef · Guide des Entreprises

Camille Roussel est rédactrice en chef de Guide des Entreprises. Ancienne entrepreneure, elle décrypte la création et la gestion d’entreprise pour les dirigeants de TPE et PME.