EIRL ou EURL : que choisir en 2026 (la vraie question est EI ou EURL)

Illustration : EIRL ou EURL

L’EIRL n’existe plus depuis le 15 février 2022 : il est impossible d’en créer une nouvelle. La loi n° 2022-172 du 14 février 2022 a instauré un statut unique d’entrepreneur individuel (EI) qui a absorbé l’EIRL et protège désormais le patrimoine personnel par défaut. La vraie comparaison de 2026 n’est donc plus « EIRL ou EURL » mais EI (qui a remplacé l’EIRL) ou EURL. En une phrase : l’EI pour la simplicité et le test d’une activité en nom propre, l’EURL pour structurer un projet durable, crédible et évolutif via une société. Cet article tranche la décision avec les chiffres 2026 à jour.

L’essentiel

  • L’EIRL est supprimée depuis le 15 février 2022 (loi n° 2022-172) : on ne peut plus en créer, la comparaison pertinente oppose désormais l’EI à l’EURL.
  • L’EI (ex-EIRL) est une entreprise individuelle sans personne morale ; l’EURL est une société (SARL à associé unique) au capital de 1 euro minimum.
  • Création EI gratuite via le guichet unique INPI ; EURL : environ 177 euros de frais obligatoires (annonce légale 124 euros HT + greffe 53,16 euros).
  • Les deux sont à l’IR par défaut avec option IS ; seule l’EURL permet de verser des dividendes (PFU 31,4 % en 2026).
  • Une EIRL créée avant le 15 février 2022 continue de fonctionner normalement : la suppression interdit la création, elle ne dissout pas l’existant.

Pourquoi l’EIRL n’existe-t-elle plus depuis 2022 ?

L’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée) a été supprimée par la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l’activité professionnelle indépendante. Depuis le 15 février 2022, il est impossible d’en créer une nouvelle (source : impots.gouv.fr). Ce statut a été remplacé par un statut unique d’entreprise individuelle (EI) qui en reprend l’avantage principal, la protection du patrimoine personnel, sans la lourdeur administrative.

Avant 2022, protéger son patrimoine en EIRL exigeait une déclaration d’affectation distinguant patrimoine professionnel et patrimoine personnel. Avec le statut unique d’EI, cette séparation entre les biens utiles à l’activité et le patrimoine personnel est devenue automatique, sans formalité ni déclaration à accomplir. C’est précisément ce qui a rendu l’EIRL inutile.

Concrètement, l’EIRL n’apportait plus rien de plus que la nouvelle EI : son maintien aurait créé un doublon juridique. Le législateur a donc simplifié le paysage en ne gardant qu’une seule forme d’entreprise individuelle, protectrice par défaut.

L’EIRL était une entreprise individuelle, jamais une société : l’entrepreneur exerçait en nom propre, sans personne morale distincte. C’est ce qui la rapproche de l’EI actuelle et l’oppose frontalement à l’EURL. Pour le cadre général des statuts en nom propre, voir notre fiche entreprise individuelle.

Qu’est-ce que l’EURL exactement ?

L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL à associé unique : une véritable société, donc une personne morale distincte de son fondateur. Elle dispose de son propre patrimoine, de son propre capital social et d’une existence juridique autonome. C’est la différence de nature fondamentale avec l’EI (ex-EIRL), qui n’est pas une société.

Le capital social d’une EURL est librement fixé, avec un minimum légal de 1 euro (source : entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026). Aucun capital plancher n’est imposé, mais un capital crédible facilite l’accès au financement. À la constitution, au moins 20 % des apports en numéraire doivent être libérés, le solde dans les cinq ans suivant l’immatriculation.

L’EURL est régie par les articles L223-1 à L223-43 du Code de commerce. Son atout structurel majeur : elle bascule en SARL classique dès l’arrivée d’un second associé, sans changer de forme juridique. Une EI, à l’inverse, doit être transformée en société pour accueillir un associé. Pour aller plus loin, voir nos fiches définition de l’EURL et SARL unipersonnelle.

EI (ex-EIRL) ou EURL : quel comparatif en 2026 ?

Le coût de création est le premier facteur qui sépare les deux statuts : l’EI est gratuite via le guichet unique de l’INPI, l’EURL suppose environ 177 euros de frais obligatoires en 2026 (annonce légale 124 euros HT + frais de greffe 53,16 euros), hors honoraires éventuels. Voici la comparaison complète, à jour 2026.

Critère EI (ex-EIRL) EURL Micro-entreprise
Nature juridique Entreprise individuelle, pas de personne morale Société (SARL à associé unique), personne morale Régime simplifié de l’EI
Capital social Aucun 1 euro minimum, fixé librement Aucun
Formalités de création Déclaration au guichet unique INPI, pas de statuts Statuts, dépôt de capital, annonce légale, immatriculation Déclaration en ligne simplifiée
Coût de création (2026) Gratuit Environ 177 euros (annonce légale 124 euros HT + greffe 53,16 euros), hors honoraires Gratuit
Protection du patrimoine Séparation automatique depuis 2022 (résidence principale insaisissable de droit) Responsabilité limitée aux apports Séparation automatique (régime EI)
Fiscalité par défaut Impôt sur le revenu (IR) IR, option IS possible IR (versement libératoire possible)
Option IS Oui Oui Non
Dividendes Non Oui (PFU 31,4 % en 2026) Non
Régime social TNS, Sécurité sociale des indépendants TNS pour le gérant associé unique TNS, cotisations sur le CA
Comptabilité Allégée Complète (bilan, compte de résultat, approbation des comptes) Ultra-simplifiée (livre de recettes)
Plafond de CA Aucun Aucun 203 100 euros (vente) / 83 600 euros (services), 2026
Évolution / associés Doit changer de forme pour s’associer Bascule en SARL avec un 2e associé Doit sortir du régime au dépassement

Sources des chiffres : annonce légale EURL 124 euros HT et frais de greffe 53,16 euros (33,83 euros immatriculation RCS + 19,33 euros déclaration des bénéficiaires effectifs), plafonds micro et PFU dividendes (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026).

EIRL ou EURL : quelle différence de protection du patrimoine ?

En EI (ex-EIRL) comme en EURL, le patrimoine personnel est protégé en 2026, mais par deux mécanismes différents. L’EI bénéficie d’une séparation automatique entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel ; l’EURL limite la responsabilité de l’associé au montant de ses apports.

La résidence principale de l’entrepreneur individuel est insaisissable de droit par les créanciers professionnels, sans aucune démarche. C’est l’apport central de la réforme de 2022, qui a aligné la protection de l’EI sur celle qu’offrait l’EIRL via sa déclaration d’affectation.

En EURL, la protection découle de la nature même de la société : la personne morale possède son propre patrimoine, distinct de celui de l’associé. En pratique, les banques demandent souvent une caution personnelle au gérant pour les emprunts, ce qui relativise cette limite de responsabilité pour les petits projets.

La séparation des patrimoines de l’EI ne couvre pas les dettes pour lesquelles vous vous portez personnellement caution. Une caution bancaire signée à titre personnel reste due sur votre patrimoine privé, en EI comme en EURL : c’est la limite pratique commune aux deux statuts.

EIRL ou EURL : quelle fiscalité et quel régime social ?

L’EI (ex-EIRL) et l’EURL sont toutes deux à l’impôt sur le revenu par défaut, avec une option pour l’impôt sur les sociétés (IS) ; seule l’EURL permet de se verser des dividendes. C’est le levier d’optimisation décisif qui distingue les deux statuts.

À l’IS, le bénéfice est taxé à 15 % sur la fraction jusqu’à 42 500 euros, puis 25 % au-delà (source : entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026 ; taux réduit sous conditions : CA HT inférieur ou égal à 10 millions d’euros et capital libéré détenu à 75 % au moins par des personnes physiques). Le gérant d’EURL peut alors arbitrer entre rémunération et dividendes.

Les dividendes versés par une EURL supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux). Au-delà de 10 % du capital social (primes d’émission et apports en compte courant d’associé inclus), la fraction excédentaire de dividendes est en outre soumise aux cotisations sociales du gérant majoritaire TNS (source : entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026).

Côté social, les deux statuts relèvent du régime des travailleurs non salariés (TNS), affiliés à la Sécurité sociale des indépendants. Les charges sociales du gérant majoritaire d’EURL se situent dans un ordre de grandeur de 40 à 45 % de la rémunération nette (pas de taux officiel unique : calcul par strates URSSAF, plus faible sur les bas revenus ; source : entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026). Ce poids inférieur à celui d’un dirigeant assimilé salarié est l’un des arguments classiques en faveur de l’EURL pour un créateur seul.

EIRL ou EURL : laquelle pour la création et l’évolution ?

L’EI (ex-EIRL) gagne sur la simplicité et le coût de lancement, l’EURL gagne sur la crédibilité et la capacité d’évolution. C’est le vrai arbitrage de 2026 pour qui se lance seul.

La création d’une EI est gratuite et se fait en quelques minutes sur le guichet unique de l’INPI : pas de statuts à rédiger, pas de capital à déposer, pas d’annonce légale. À l’inverse, l’EURL impose un parcours complet pour un coût de l’ordre de 177 euros de frais obligatoires en 2026, hors honoraires de juriste. Les grandes étapes de constitution d’une EURL :

  1. Rédiger les statuts de la société et fixer le montant du capital social (1 euro minimum).
  2. Déposer les apports en numéraire sur un compte bloqué (au moins 20 % à la constitution).
  3. Publier une annonce légale de constitution (124 euros HT en métropole).
  4. Déposer le dossier d’immatriculation au guichet unique de l’INPI (frais de greffe 53,16 euros).

L’EURL prend l’avantage sur trois plans décisionnels :

  • Crédibilité : une société rassure davantage banques, investisseurs et grands donneurs d’ordre qu’une entreprise individuelle.
  • Évolution : l’EURL devient une SARL classique dès l’entrée d’un second associé, sans transformation lourde. Une EI doit changer de structure pour s’associer.
  • Optimisation : à l’IS, l’EURL ouvre l’arbitrage rémunération / dividendes, fermé à l’EI.

À l’inverse, ses contreparties par rapport à l’EI :

  • Coût et formalisme : statuts, annonce légale, immatriculation, comptabilité complète à tenir chaque année.
  • Lourdeur de gestion : bilan, compte de résultat et approbation annuelle des comptes, là où l’EI se contente d’une comptabilité allégée.

Arbre de décision rapide pour 2026 :

  • Je veux tester une activité ou rester très simple : EI (ex-EIRL), voire la micro-entreprise gratuite si je reste sous les plafonds.
  • Je vise une croissance avec de futurs associés : EURL, qui évoluera en SARL.
  • Je veux optimiser via les dividendes ou crédibiliser un projet financé : EURL à l’IS.
  • Mon activité comporte un risque patrimonial fort : les deux protègent, mais l’EURL clarifie mieux la frontière patrimoniale vis-à-vis des tiers.

Si votre projet n’est pas encore arrêté, commencez par cerner votre idée d’entreprise avant de choisir un statut. Et si vous hésitez entre rester seul ou vous associer d’emblée, comparez l’EURL à sa grande sœur dans notre fiche EURL ou SARL.

Que faire si je dirige encore une EIRL en 2026 ?

Une EIRL créée avant le 15 février 2022 continue d’exister et de fonctionner normalement en 2026 : la suppression interdit d’en créer de nouvelles, elle ne dissout pas les anciennes. C’est le point que la quasi-totalité des articles concurrents oublient.

Si vous dirigez une EIRL active, votre déclaration d’affectation du patrimoine reste valable et votre régime fiscal et social demeure inchangé. Vous n’avez aucune démarche obligatoire à accomplir du seul fait de la réforme.

Vous pouvez toutefois choisir de renoncer à l’affectation pour basculer dans le régime de droit commun de l’entreprise individuelle, désormais protecteur par défaut. C’est une option de simplification, pas une contrainte. En cas de doute sur votre situation patrimoniale, un expert-comptable est l’interlocuteur indiqué.

Quelles alternatives à l’EI et à l’EURL ?

Pour un créateur seul en 2026, trois autres pistes existent : la micro-entreprise, la SASU et les sociétés civiles selon la nature de l’activité. Le choix dépend du niveau de revenu visé, du besoin de protection sociale et de l’objectif de croissance.

La micro-entreprise gratuite est la version ultra-simplifiée de l’EI, plafonnée à 203 100 euros de chiffre d’affaires pour la vente et 83 600 euros pour les services en 2026 (source : entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026). Idéale pour démarrer sans charges fixes, elle devient limitante dès que l’activité grossit.

La SASU est l’équivalent de l’EURL en société par actions simplifiée : son président est assimilé salarié (régime général de la Sécurité sociale), avec une meilleure protection sociale mais des charges plus élevées. Le choix EURL / SASU se joue surtout sur le statut social du dirigeant et la fiscalité des dividendes.

Enfin, pour une activité civile (immobilier locatif, profession libérale en groupe), les sociétés civiles constituent une voie distincte, à l’écart de l’arbitrage commercial EI / EURL.

FAQ : EIRL ou EURL

Peut-on encore créer une EIRL en 2026 ?

Non. La création d’EIRL est impossible depuis le 15 février 2022, en application de la loi n° 2022-172 du 14 février 2022. Le statut a été remplacé par le statut unique d’entreprise individuelle (EI).

Quelle est la différence entre EIRL et EURL ?

L’EIRL était une entreprise individuelle (pas de personne morale, exercice en nom propre) ; l’EURL est une société (SARL à associé unique, personne morale distincte). Aujourd’hui, la comparaison pertinente oppose l’EI, qui a remplacé l’EIRL, à l’EURL.

Qu’est devenue l’EIRL après sa suppression ?

Elle a été absorbée par le statut unique d’EI, qui protège automatiquement le patrimoine personnel depuis 2022, sans déclaration d’affectation. Les EIRL créées avant le 15 février 2022 continuent toutefois de fonctionner.

Vaut-il mieux choisir l’EI ou l’EURL pour se lancer seul ?

L’EI (ex-EIRL) convient pour tester une activité simplement et gratuitement. L’EURL est préférable pour crédibiliser un projet, l’ouvrir à de futurs associés ou optimiser la fiscalité via les dividendes à l’IS.

Combien coûte la création d’une EURL en 2026 ?

Environ 177 euros de frais obligatoires : annonce légale 124 euros HT et frais de greffe 53,16 euros (source : entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026), auxquels s’ajoutent les éventuels honoraires de rédaction des statuts. La création d’une EI est gratuite via le guichet unique de l’INPI.

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Camille Roussel

Rédactrice en chef · Guide des Entreprises

Camille Roussel est rédactrice en chef de Guide des Entreprises. Ancienne entrepreneure, elle décrypte la création et la gestion d’entreprise pour les dirigeants de TPE et PME.