Pour créer une entreprise individuelle (EI), une seule démarche est requise : déposer une formalité de création sur le Guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), exclusivement en ligne. Aucun capital, aucun statut à rédiger, aucune annonce légale ne sont exigés. La déclaration est gratuite dans la grande majorité des cas, et le numéro SIREN/SIRET est attribué par l’INSEE après validation du dossier. Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine personnel du créateur est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel. L’EI reste la forme la plus choisie en France, portée par le régime de la micro-entreprise.
- La création passe par une formalité unique sur le Guichet unique INPI, obligatoire depuis le 1er janvier 2023 pour toutes les entreprises.
- La démarche est gratuite dans la majorité des cas ; seules certaines activités artisanales génèrent des frais.
- L’EI est un statut juridique ; la micro-entreprise est un régime fiscal et social que l’on choisit à l’intérieur de l’EI.
- Le patrimoine personnel est protégé automatiquement, mais cette protection connaît trois failles (fiscale, antériorité, renonciation bancaire).
- Le choix micro ou réel se décide sur le taux de charges réelles, pas sur le chiffre d’affaires.
Qu’est-ce qu’une entreprise individuelle exactement ?
Une entreprise individuelle est une activité exercée par une seule personne physique, en nom propre, sans création d’une personne morale distincte. L’entrepreneur et son entreprise ne forment qu’une seule entité juridique : ni associés, ni capital, ni parts sociales. Une même personne ne peut détenir qu’une seule EI à la fois. L’EI est ouverte à toute activité, commerciale, artisanale, libérale ou agricole.
C’est sa simplicité qui en fait le premier choix des créateurs : aucun capital social, aucun statut juridique à rédiger, aucune publication d’annonce légale ne sont requis. Point de vocabulaire essentiel et souvent confondu : l’EI est un statut juridique, tandis que la micro-entreprise (ex-auto-entrepreneur) est un régime fiscal et social simplifié que l’on peut choisir au sein de l’EI. Tout micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel ; l’inverse n’est pas vrai. Si la micro vous intéresse, voyez comment réaliser une création de micro-entreprise gratuite et ce que ce régime change concrètement. Pour le détail du statut lui-même, consultez notre page sur l’entreprise individuelle et sa définition.
Qui peut créer une entreprise individuelle ?
Toute personne physique majeure peut créer une entreprise individuelle. Les mineurs émancipés y sont également autorisés. Aucune condition de diplôme n’est exigée par principe, même si certaines activités réglementées (artisanat, professions libérales) imposent une qualification ou une inscription à un ordre. Les personnes faisant l’objet d’une interdiction de gérer ou d’une incompatibilité (certaines fonctions publiques) ne peuvent pas exercer en EI.
L’EI couvre les quatre grandes familles d’activité : commerçant, artisan, profession libérale et exploitant agricole. C’est ce caractère universel qui explique sa domination statistique parmi les créations. Avant de vous lancer, l’étape vraiment décisive reste de valider votre projet ; si vous en êtes encore là, commencez par trouver une idée d’entreprise solide avant de choisir une forme juridique.
Comment créer une entreprise individuelle en 2026 ?
La création se fait exclusivement en ligne sur le Guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), géré par l’INPI et obligatoire pour toutes les entreprises depuis le 1er janvier 2023. Ce portail a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises (CFE) et centralise désormais toute la démarche. Selon l’INPI, le dépôt suit un parcours en sept temps : connexion, ouverture d’une formalité, saisie, pièces, vérification, signature, paiement.
- Se connecter au portail e-procédures via FranceConnect+ ou un compte INPI, puis choisir « Créer une entreprise ».
- Renseigner les informations : identité, adresse de l’entreprise, activité (code APE), date de début, protection de la résidence principale et options fiscales et sociales (micro ou réel).
- Joindre les pièces justificatives au format PDF : justificatif d’identité, justificatif de domicile ou de domiciliation, déclaration de non-condamnation, et, pour les activités réglementées, le justificatif de qualification professionnelle. Les pièces demandées dépendent des informations saisies.
- Vérifier le dossier et générer la synthèse à signer.
- Signer électroniquement la demande de création, puis régler les éventuels frais.
L’INPI prévient d’un piège : valider le dossier ne suffit pas à le transmettre, seules la signature et le paiement finalisent l’envoi. Le numéro SIREN/SIRET est ensuite attribué par l’INSEE à l’issue de l’immatriculation. À ce stade, l’EI est juridiquement créée et vous pouvez commencer à facturer. Un dossier incomplet déclenche une notification par courriel demandant des corrections depuis le tableau de bord.
Combien coûte la création d’une entreprise individuelle ?
La création d’une entreprise individuelle est gratuite dans la majorité des cas ; seules certaines activités artisanales peuvent générer des frais d’immatriculation. Contrairement à une société, il n’y a ni frais de greffe pour le dépôt de statuts, ni annonce légale. Pour comparaison, l’immatriculation d’une société commerciale au RCS coûte 53,16 € de frais de greffe (33,83 € pour le RCS et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs), selon Service-Public Entreprendre, auxquels s’ajoute une annonce légale facturée 124 € HT pour une EURL ou 199 € HT pour une SAS en métropole. L’EI échappe à ces deux postes : c’est l’un de ses arguments décisifs.
Le coût réel d’une EI ne se résume pourtant pas à l’immatriculation. Plusieurs postes récurrents sécurisent l’activité, sans chiffrage forfaitaire car les montants dépendent de l’activité et du prestataire :
| Poste | Caractère | Remarque |
|---|---|---|
| Immatriculation Guichet unique | Obligatoire | Gratuite dans la plupart des cas ; frais possibles pour certaines activités artisanales |
| Compte bancaire dédié | Non obligatoire en EI hors micro | Recommandé pour séparer flux personnels et professionnels |
| Assurance responsabilité civile pro | Selon activité | Souvent obligatoire pour artisans et professions réglementées |
| Expert-comptable | Facultatif | Surtout utile au régime réel, où la comptabilité est complète |
Le compte bancaire professionnel n’est pas obligatoire en EI. En micro-entreprise, un compte dédié devient nécessaire seulement lorsque le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € par an sur deux années consécutives.
EI au réel ou micro-entreprise : comment choisir ?
Le choix dépend du taux de charges réelles : la micro reste avantageuse tant que vos charges sont inférieures à l’abattement forfaitaire ; au-delà, le régime réel devient gagnant. En micro, l’administration applique un abattement forfaitaire (71 % en vente de marchandises, 50 % en prestations BIC, 34 % en BNC) et vous ne déduisez aucune charge réelle. Au réel, vous déduisez vos charges effectives mais tenez une comptabilité complète. La règle de décision tient en une phrase : si vos charges réelles dépassent le taux d’abattement micro de votre activité, le réel réduit votre base imposable. Un prestataire BNC supportant 40 % de charges réelles a intérêt à basculer, puisque l’abattement micro n’est que de 34 %.
| Critère | Micro-entreprise | EI au régime réel |
|---|---|---|
| Plafond de CA (vente de marchandises) | 203 100 € HT (2026) | Pas de plafond |
| Plafond de CA (services / BNC) | 83 600 € HT (2026) | Pas de plafond |
| Calcul de l’impôt | Sur le CA après abattement (71 / 50 / 34 %) | Sur le bénéfice réel |
| Déduction des charges réelles | Non | Oui |
| Comptabilité | Livre de recettes simplifié | Comptabilité complète |
| Cotisations sociales | Pourcentage du CA encaissé | Environ 40 à 45 % du revenu net |
Les plafonds de la micro-entreprise ont été revalorisés au 1er janvier 2026, selon Service-Public Entreprendre : 203 100 € de CA HT pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services et activités BNC. Au-delà de ces seuils sur deux années consécutives, le régime réel s’applique. Le statut juridique, lui, reste l’entreprise individuelle : seul le régime change.
Quel régime fiscal pour une entreprise individuelle ?
Par défaut, l’entreprise individuelle est soumise à l’impôt sur le revenu (IR). Les bénéfices sont imposés dans la catégorie correspondant à l’activité : BIC pour les commerçants et artisans, BNC pour les professions libérales, BA pour les exploitants agricoles. L’entrepreneur déclare ces bénéfices avec ses revenus personnels.
Depuis la réforme du statut unique, l’EI peut opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) en demandant son assimilation à une EURL. L’option pour l’IS doit être exercée dans les premiers mois de l’exercice et reste révocable pendant cinq ans avant de devenir définitive. À l’IS, selon Service-Public Entreprendre, le bénéfice est taxé à 15 % sur la fraction jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà. Cette bascule rapproche l’EI du fonctionnement d’une EURL, dont elle emprunte le régime fiscal.
Concernant la TVA, l’EI bénéficie de la franchise en base sous seuils, confirmés par Service-Public Entreprendre pour 2026 : 85 000 € pour la vente de marchandises et 37 500 € pour les prestations de services, avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur les factures. Au-delà, l’entreprise facture et reverse la TVA selon le régime applicable.
Le patrimoine personnel est-il protégé en entreprise individuelle ?
Oui : depuis le 15 mai 2022, en application de la loi du 14 février 2022, la séparation des patrimoines personnel et professionnel est automatique pour tout entrepreneur individuel. Le gage des créanciers professionnels est en principe limité aux biens utiles à l’activité. Le logement, les comptes personnels et les biens sans lien avec l’entreprise sont protégés, sans formalité ni déclaration d’affectation préalable. Cette protection est réelle mais pas absolue : trois failles, que les sources institutionnelles mentionnent rarement de front, en limitent la portée.
- La faille fiscale et sociale : en cas de manœuvre frauduleuse ou de manquement grave aux obligations fiscales ou sociales, l’administration peut recouvrer sa créance sur l’ensemble du patrimoine, professionnel et personnel.
- La non-rétroactivité : la séparation ne s’applique qu’aux créances nées après le 15 mai 2022. Les dettes antérieures restent recouvrables sur l’ensemble du patrimoine.
- La renonciation exigée par les banques : un créancier, en particulier une banque, peut demander à l’entrepreneur de renoncer à la protection pour une créance déterminée, condition fréquente à l’octroi d’un prêt professionnel.
Avant tout engagement bancaire important, vérifiez donc si une renonciation vous est demandée. Pour une responsabilité strictement limitée sans cette mécanique de renonciation, une société comme l’EURL ou la SARL unipersonnelle offre une séparation patrimoniale plus étanche.
Quelle protection sociale pour l’entrepreneur individuel ?
L’entrepreneur individuel relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), rattaché à la Sécurité sociale des indépendants. Les cotisations sont calculées sur le bénéfice (au réel) ou sur le chiffre d’affaires (en micro). Les cotisations sociales d’un TNS représentent de l’ordre de 40 à 45 % du revenu professionnel net, selon le niveau de revenu, avec des cotisations minimales qui s’appliquent même en cas de revenus faibles ou nuls. Ce taux est un ordre de grandeur progressif, sans valeur unique officielle ; un chiffrage précis passe par le simulateur URSSAF.
Deux limites majeures distinguent ce régime du statut salarié : l’entrepreneur individuel ne cotise ni à l’assurance chômage, ni aux accidents du travail et maladies professionnelles dans les mêmes conditions qu’un salarié.
Un filet de sécurité existe via l’allocation des travailleurs indépendants (ATI), accessible sous conditions : avoir généré un revenu d’au moins 10 000 € par an et subir une baisse d’activité d’au moins 30 %. Ce point est trop souvent ignoré au moment de choisir l’EI plutôt qu’une forme sociétaire.
EI, EURL ou SASU : quel statut pour se lancer seul ?
L’EI n’est pas la seule option pour entreprendre seul. L’EURL (société à associé unique soumise au régime TNS) et la SASU (société à associé unique avec un président assimilé salarié) en sont les deux alternatives directes. Le choix se joue sur la responsabilité, le régime social et la fiscalité. L’EI gagne sur la simplicité et le coût de création ; l’EURL et la SASU apportent une personnalité morale distincte et facilitent l’entrée d’investisseurs ou la cession.
| Critère | Entreprise individuelle | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Personnalité morale | Non | Oui | Oui |
| Capital social minimum | Aucun | 1 € | 1 € |
| Régime social du dirigeant | TNS | TNS | Assimilé salarié |
| Fiscalité par défaut | IR (option IS) | IR (option IS) | IS (option IR temporaire) |
| Formalisme de création | Minimal | Statuts + annonce légale | Statuts + annonce légale |
Pour approfondir, consultez nos pages dédiées à la SASU et à la société par actions simplifiée. Si votre projet implique plusieurs personnes ou un objet civil (immobilier, professions libérales en groupe), regardez plutôt du côté des sociétés civiles.
À quel moment quitter la micro pour le réel ?
Le réflexe de rester en micro-entreprise par confort coûte cher dès que les charges réelles grimpent. Le vrai déclencheur n’est pas le plafond de chiffre d’affaires, mais le taux de charges : quand vos dépenses professionnelles dépassent l’abattement forfaitaire de votre activité, chaque euro de charge non déduit devient de l’impôt payé en trop. Beaucoup d’indépendants attendent un exercice de trop avant de basculer.
Ce point de bascule mérite une simulation chiffrée avant chaque clôture d’exercice. La décision « micro ou réel » est annuelle et réversible : elle se réévalue chaque année selon la structure de coûts réelle, et non une fois pour toutes à la création.
À partir de quel taux de charges le régime réel devient-il gagnant ?
La bascule ne dépend pas du chiffre d’affaires mais du taux de charges réelles comparé à l’abattement forfaitaire de la micro. Tant que vos charges restent sous cet abattement, la micro est plus avantageuse ; dès qu’elles le dépassent, le réel réduit la base imposable. Le tableau ci-dessous donne le seuil de bascule par type d’activité.
| Activité | Abattement micro | Plafond CA micro 2026 | Le réel devient gagnant si vos charges réelles dépassent |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 71 % du CA | 203 100 € HT | 71 % du chiffre d’affaires |
| Prestations de services (BIC) | 50 % du CA | 83 600 € HT | 50 % du chiffre d’affaires |
| Professions libérales (BNC) | 34 % du CA | 83 600 € HT | 34 % du chiffre d’affaires |
Lecture : un prestataire BNC dont les charges réelles atteignent 40 % de son chiffre d’affaires a intérêt à passer au réel, puisque l’abattement micro plafonne à 34 %. À l’inverse, un commerçant à faibles charges conserve l’avantage de l’abattement de 71 % jusqu’à un niveau de dépenses élevé. Les plafonds de CA 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services et le BNC ont été revalorisés au 1er janvier 2026 (source : Service-Public Entreprendre, F23267). La décision se réévalue chaque année selon votre structure de coûts réelle.
FAQ : création d’une entreprise individuelle
Combien de temps faut-il pour créer une entreprise individuelle ?
Le dépôt en ligne sur le Guichet unique se fait en une session une fois les pièces réunies. L’immatriculation et l’attribution du SIREN/SIRET par l’INSEE interviennent après validation du dossier. Le temps de préparation des pièces dépend du caractère réglementé ou non de votre activité.
La création d’une EI est-elle vraiment gratuite ?
Oui dans la majorité des cas. Seules certaines activités artisanales peuvent générer des frais d’immatriculation. Il n’y a ni frais de greffe pour des statuts, ni annonce légale, contrairement aux sociétés.
Quelle différence entre entreprise individuelle et micro-entreprise ?
L’EI est un statut juridique ; la micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié choisi au sein de l’EI. Tout micro-entrepreneur exerce en entreprise individuelle.
Un entrepreneur individuel doit-il ouvrir un compte bancaire professionnel ?
Non, ce n’est pas obligatoire en EI. En micro, un compte dédié devient nécessaire si le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € par an pendant deux années consécutives.
Le patrimoine personnel est-il saisissable en EI ?
En principe non depuis le 15 mai 2022 : seuls les biens utiles à l’activité sont engagés. Exceptions : manquement fiscal ou social grave, dettes nées avant le 15 mai 2022, ou renonciation signée à la demande d’un créancier.
Peut-on transformer une EI en société plus tard ?
Oui, par cession ou apport du fonds à une société (EURL, SASU, SARL, SAS). C’est une opération courante quand l’activité grandit et que le régime sociétaire devient plus avantageux.






